Novice 2010 -bloavezh mat- aussi

Un noeud dans le mouchoir pour ne pas oublier de changer d'année.


Voici 2010
Ouvre bien grande ta pelisse
Et bouge ton pelvis

Gel

Sonnerie téléphone :
- Maika Bai ?
- Agur, c’est Pantxika. Alors ton rendez-vous avec le maitre nageur ?
- Oh ne m’en parle pas, j’en ai encore le fondement tout échauffé.
- À ce point là ! Mais c’est super !
- Ce n’est pas ce que tu crois. Ça se passait bien et il a voulu aller fureter dans ma cour intérieure.
- Ben, tu ne détestes pas ça d’habitude.
- Ez, je lui ai juste dit de prendre le lubrifiant dans mon sac à main.
- Ça aide.
- Bai, sauf que ce crétin a pris mon gel hydro-alcoolique et qu’il l’a généreusement étalé !

Air

Transparence de l’air dans le matin.
« Elles sont vraiment à toucher les montagnes » constate Ainhoa par la fenêtre de la salle de bains.
« Montagnes à toucher ? » réfléchit Kimetz derrière elle ; « je dirais plutôt collines basques à caresser » poursuit-il en l’enlaçant.

Ménage (2)

Un peu de ménage de blog pour voyager léger :

(1) les notes prises et toujours en l’état de terreau sans graine.

Txomin avait réussi à cueillir l’odeur de Maia avant qu’elle n’enclenche sa toilette matinale.
Que cherches-tu au fond de mon puits ?
A faire sourdre la source
Les légendes/histoires qu'on invente, sans fin, sans cesse. On ne fait pas œuvre d'imagination, on enracine simplement.
Ce n’est pas un peu gros ?
Je ne sais pas, je l’ai toujours connu comme cela.

Dis-nous Mari qui passe dans la rue Bourbaki ?
C’est un couple qui valse sous les gouttes de pluie.
Je voulais te cueillir des violettes mais je n’ai trouvé que des ceps.
Les genets sentent la pomme cuite.
Après un orage de grêle et une gelée matinale, les abeilles trouvent encore de quoi butiner sur la glycine.
Une floraison animale.
Un pain de krakada.

(2) les coups de chapeau jaloux (Mais comment ils/elles font pour trouver ça ? Je recopie, demain je rebondirai dessus) et sans suite.

De Trachman (j’ai perdu le lien)
L’insistance sur la sexualité comme technique tend à réduire les fantasmes comme composante de la vie érotique
De Mme de K :
Faire la nique à la rigueur (un truc pour les érections défaillantes ?)
De Mlle d’Enfer(t) :
Le secret des cours intérieures (allégorie de la sodomie ?)
De Nadège :
Créer est une affaire érotique (ça sonne joli)
De Haruki Murakami
La course au mouton sauvage (Points)
P 104 Survivre … dans quel but ? Pour conter des légendes aux murailles ?
P110 une odeur de mer se mêlait à un pressentiment de pluie.
De Victoria Welby :
Une reproduction majestueuse (à propos d’un épisode onaniste post coïtal)

(3) les images collectées et jamais utilisées.



Parce que la robe rouge de Scarlett, les macarons de Princesse Leila, une photo de Nana Sousa Dias et un dessin coréen, cela ne fait pas très basque.
*
(1), (2) et (3) :Cela aurait pu être des bases d’histoires.

Voilà, c'est mieux ; la page est blanche pour la nouvelle cueillette.
Milesker à tous ceux qui offrent leur blog et qui laissent rebondir.

Gaspard, Melchior et Balthazar

Pour les vacances de fin d’année, la ferme au dessus de Bardos est assez grande pour accueillir, oncles, tantes, cousins, cousines, le tout marié, accompagné et chargé d’enfants petits et moins petits. Repas –copieux-, messe –religieux-, repas -copieux-, cadeaux -nombreux-, mus –parties longues pour ceux qui ne jouent pas-, repas -copieux-.
Damattit, trop jeune pour supporter de jouer au mus longtemps et trop vieux pour les dessins animés en boucle, occupe son après-midi à faire brûler les papiers des cadeaux de Noël dans la grande cheminée, pas trop vite, un par un. Il vide aussi les cendres, refait le feu, passe du temps à équilibrer les buches et les flammes. La seule chose de bien dans ces réunions de famille c’est la cheminée et le feu. Là, en fin d’après midi, Damattit sent franchement la fumée et son visage est mâchuré de cendres.

Dans la grande ferme au dessus de Bardos, pour les chambres, il y a ce qu’il faut. Pour la cuisine et les repas, ça tient facile. Par contre, la mise à disposition d’une multitude de salles de bains n’a jamais été une priorité pour les constructeurs il y a deux siècles. Et espérer trouver une douche non occupée par une tante ou une cousine relève du vœu pieux même à proximité de Noël.
La grange, un peu plus loin, a été aménagée en gîte. Comme pour toutes les vacances, c’est loué et il y a du monde vu le nombre de voitures garées devant. Derrière le gîte, il y a un coin spécial pour les groupes en été. C’est sommaire mais il y a des douches. Et personne pour les vacances d’hiver.

Shampoing, savon, des pieds à la tête, c’est un Damattit tout propre qui sort d’une des douches et s’apprête à s’essuyer lorsque la porte s’ouvre. Trois filles du même jeune âge que lui, trois filles de nulle part, du gîte, surprises mais vite rieuses et moqueuses parce qu’elles sont trois et Damattit tout seul.
« Oh ! Mais c’est le cadeau que j’ai demandé pour Noël ! » Damattit masque ce qu’il peut.
« Ah bon ? J’ai fait la même lettre que toi alors ! » Damattit cherche vainement à faire un tour complet avec sa serviette.
« Moi je pensais que les basques étaient un peu plus membrés ! »
« Tu as besoin de lunettes, regarde, c’est pas mal quand même » Damattit est visiblement de plus en plus troublé.
« Ah oui, tu as raison, cela commence à ressembler à quelque chose ».
Peut être parce qu’elles portent, qui un flacon de gel douche, qui un shampoing, qui un baume démêlant, mais l’expression « l’adoration des mages » traverse l’esprit de Dammattit lorsqu’il écarte largement ses mains et se redresse fièrement sous les regards, attendant les cris effarouchés.

Vent de terre

C'est encore un peu hors format (c'est pas blog)
Ce n'est pas dans la ligne éditoriale (même si cela parle d'amour)
ça ne fait pas pleurer (tu peux y aller Mlle d'Enfer(t) , sinon je rembourse)
C'est l'hiver au bord de la plage (la plus belle saison), c'est ici

Etoile

" Je peux mettre mon petit Jésus dans ta crèche ? " propose Fermin
" D'accord, mais tu fais briller l'étoile au dessus avant " accepte Maia

Lapins

Allez, ce n'est pas un format blog (c'est un peu long),
c'est hors ligne éditoriale (pas de crudité -ou si peu-)
c'est
ici, si vous voulez.

4ème bougie de l'Avent Exagération

" On a quand même un peu exagéré " soupire Maitena.
" Je ne suis pas loin de le penser " murmure Xabi en constatant la rougueur extrème de sa pointe après son quatrième dé à coudre.
" Ez, je parlais des gâteaux " taquine Maitena " On en a fait un kilo samedi après midi et la boite est vide avant dimanche soir ! "


Des histoires d'il y a déjà 2 avents
1ère bougie, 2ème bougie, 3ème bougie, 4ème bougie

et des histoires de cet avent
1ère bougie, 2ème bougie, 3ème bougie

Une envie d'Olentzero

Vous vous rappelez d'Olentzero ? Il est venu il y a 2 ans, un peu aussi l'année dernière, il se rapproche :

Garée le long du fleuve sur les allées Boufflers, la voiture n’est pas accueillante lorsque Marixa et Donaiki la reprennent après le travail.
« Il fait froid » ronchonne Marixa.
« 3°» déclare Donaiki en consultant l’indicateur extérieur « Avec l’océan à 13° et l’air à 3°, il ne faut pas s’étonner que l’Adour fume le matin à marée haute dès qu’un rayon de soleil tape dessus ».
« Même si je sais que l’on va se coucher plus tôt et se blottir sous les couvertures, et bien, je n’aime pas la nuit qui arrive trop vite en hiver » ronchonne toujours Marixa, à peine le pont de fer dépassé.
« C’est bientôt fini » sourit Donaiki.
« Fini ? tu crois au Père Noël ? ça commence à peine l’hiver ! »
« Ce n’est pas l’hiver qui te met le moral en bas, c’est le noir de la nuit » assure Donaiki
« Bai, plutôt. »
« Alors, c’est bientôt fini ; je ne crois pas au Père Noël mais je crois qu’Olentzero va descendre de sa montagne et que les jours vont rallonger. »
« Il vient quand ? »
« Tu es vraiment une fille de la ville ! Olentzero vient toujours le 21 décembre, le jour du … »
« euh, solstice ? »
« Bai »
« Et c’est un mec tout sale qui apporte la lumière ? »
« Bai »
« Et qui fait que tout rallonge ? »
« Bai »
« Alors ce soir tu vas jouer dans ma cour intérieure, on va en profiter parce que si tu te tends encore plus à partir du 21 décembre, je ne te laisserai plus y entrer ».

Décorations de fin d'année

Les décorations de fin d'année, c'est bien, cela permet de ressortir des choses cachées au fond des placards :

Des histoires d'il y a déjà 2 avents
1ère bougie, 2ème bougie, 3ème bougie, 4ème bougie

et des histoires de cet avent
1ère bougie, 2ème bougie, 3ème bougie

3ème bougie de l'Avent Intromission


« Pour la 3ème bougie de l’Avent, je te propose ceci, ou bien ceci, voir cela plus exotique» déclare Ibai en étalant sa collecte.
« C’est bien un fantasme de mec ça que d’imaginer qu’il ne doit y avoir grand-chose d’oblong qu’une femme, quelque part sur la planète, ne se soit pas approprié» grogne Mireia.

Monsieur Besson ne lèche pas

Sonnerie téléphone :
- Maialen Bai ?
- Agur, c’est Maika. Je cherche la pétition, tu l’as surement toi ?
- Mais la pétition contre quoi Maika ?
- Tu as entendu que le ministre Besson a enterré la loi sur les langues régionales ? Donc si la langue basque n’est pas dans la loi, c’est qu’elle est hors la loi !
- Bai, je te suis.
- Et si la langue basque est hors la loi, cela veut dire que le cunnilingus est interdit au sud de l’Adour !

Inventaire

Rebond sur un oubli inventoriel de Coumarine

Haritz détache les boucles, embrasse les lobes,
« deux oreilles » murmure-t-il,
« un cou » le collier disparait tandis que la bouche de Haritz suit la veine jugulaire de Petexa,
les boutons sautent, le chemisier glisse,
« deux épaules » que les paumes massent en épousant les arrondis.

« Et un raton laveur ? » interroge Petexa

Mains en coupe qui accueillent ce que le soutien gorge a libéré,
« deux seins »,
« un ventre doux »,
« un nombril » que l’index de Haritz taquine.

« Et un raton laveur ? » insiste Petexa

Un bouton qui cède, une fermeture qui descend,
« Cinq orteils et cinq orteils » embrassés un par un,
« deux mollets fermes »,
« deux cuisses lisses » palpées à pleines mains.

« Et un raton laveur ! » réclame Petexa

Des dentelles qui abandonnent,
« deux petites fesses dures »
« une raie » que le majeur de Haritz s’amuse à remonter tel un soc,
« une toison » .

« Et le raton laveur ! » explose Petexa en agrippant à pleines mains la tête de Haritz dont la langue l’explore enfin.

Aux joues

« C’est quoi ce vol ? » interroge Ihitza en scrutant le ciel au dessus de la plage du Boucau.
« De grands oiseaux, des grues ? » propose Bladi .
« Ez, le bec n’est pas assez long. »
« Il est même très bizarre ce bec, on dirait … des flamands ! Un vol perdu de 5 flamands roses ! » s’exclame Bladi.
« Mais il n’y en a jamais ici » s’étonne Ihitza
« Ez, vent du sud trop fort, vent de terre lointaine. Alors sorgin, c’est un présage ? » taquine Bladi
« Bien sur, c’est même un message direct de Mari : le rose aux joues va me venir 5 fois cette nuit ».




Un truc rose et courbé ? A part un bec de flamand, Nadège, vraiment je ne vois pas !

2ème bougie de l’Avent Répétition

« Si tu veux voir briller une deuxième bougie de l’Avent, il faut que tu te rhabilles » prévient Orhi tout en s’essuyant.
« Tu veux que je m’en aille ? » interroge Uga, incrédule.
« Ez, pas que tu t’en ailles, juste que tu te rhabilles ! L’effeuillage me redonne de la vigueur à tous les coups » précise Orhi.

Du sent-bon

« Allez viens » dit Maider en tirant doucement sur les oreilles de Yakue qui s’enivre dans sa toison.
« Mais pourquoi tu ne me laisses jamais finir ? » interroge Yakue tout en s’emboitant « Je ne suis pas assez tendre, pas assez doux ? »
« Ez, c’est très agréable, mais … je pars très vite quand tu es en moi, je n’ai pas besoin de longs préliminaires »
« C’est la vraie raison ? » murmure Yakue en s’ancrant.
« Je ne sais pas … je n’ai pas trop envie de t’indisposer non plus … je sens un peu fort, ez ? »
Yakue sourit, cale son pubis sur le capuchon et va chercher au profond l’orgasme que Maider ne manque pas de lui offrir.

« C’est vrai que tu pars vite ! » dit Yakue tandis que la tête de Maider repose sur sa poitrine.
« Et toi ? » interroge Maider. Elle descend sa paume et y cueille au creux la rigueur de Yakue « ez, tu n’as pas eu le temps » sourit-elle. Sa main remonte lentement sur la poitrine de Yakue et vient se loger sous son propre menton. Instant. Puis les narines de Maider palpitent légèrement. Elle approche sa paume pour vérifier « hum, c’est moi ça ? » dit-elle en interrogeant l’odorat de Yakue du creux de sa main tendue.
« Indiscutablement » confirme Yakue « délicieusement toi ».
Maider respire à nouveau, redescend sa paume pour cueillir les senteurs sur la vigueur de Yakue, « c’est beaucoup plus suave que je ne le croyais ; alors c’est vraiment moi ça ? »
« Bai » confirme Yakue du profond de ses narines « C’est toi parce que c’est moi ».

Yakue retourne s’imprégner puis vient offrir à Maider sa propre senteur. Et il recommence, encore, aussi longtemps qu’il le peut.
« C’est vraiment nous en fait cette odeur » décide Maider avant de coller ses lèvres.

Sans goût de virus

- Diaa, tu n'as pris que des desserts, des fruits et des trucs sucrés, constate le collègue en regardant le plateau que tient Xoldo au restaurant d'entreprise.
-Tu sais avec Mirenxu, ça fait 4 mois qu'on est ensemble, alors on a fait nos tests sida et on a eu nos résultats ce matin : négatifs !
- Super, mais quel rapport avec ton régime fruits et sucre ?
- Et bien ce soir, on dit adieu aux préservatifs ... c'est moi qui paye un coup ... et je veux que cela ait bon goût !

Sablés

Manex mélange la poudre d’amandes, le sucre, le beurre, la farine, les écorces d’orange et les œufs. Il pétri avec application et plaisir la pâte des petits sablés de l’avent.
« Tu peux me sortir le rouleau à pâtisserie, s’il te plait » demande-t-il à Xeraxina « J’ai les deux mains pleines de pâte »
« Bai, pas de problème » répond Xeraxina en déboutonnant la braguette de Manex.
« Tu me flattes » sourit Manex les 2 mains toujours en l’air « Je n’ai quand même pas la dimension adhoc »
« Pas encore certes » réagit Xeraxina en s’appliquant « mais ça va venir et ce n’est pas la taille qui compte, plutôt la façon de l’utiliser ! »
Xeraxina farine Manex et entreprend d’étaler une petite quantité de pâte avec son rouleau de fortune.
« Regarde, ça marche, c’est régulier »
Elle prend une seconde poignée de pâte, récupère le rouleau de Manex, étale, renouvelle l’opération jusqu’à la fin de la pâte.

« Le temps que les sablés cuisent, j’ai le temps de nettoyer mon ustensile » déclare Xeraxina en se léchant les babines d’avance.

1ère bougie de l’Avent Présomption

Lorsqu’au profond du sable Koldobika plante son pieu, des vagues de plaisir viennent rapidement le lécher.

Pas trop de bruit

On essaye ce soir ? murmure Uga
Ça ne va pas être simple, il y a ma femme … répond tout bas Fermin
Et moi mon mari … mais ça va me faire trop envie … d’être à coté … et de ne rien faire
Bai, c’est dur … dans la petite pièce du fond, c’est peut être possible
Tu crois ? je n’y suis jamais rentrée …
C’est un peu à l’écart et … on ne fera pas trop de bruit …
Pas de bruit, pas de bruit … ce n’est pas si simple
C’est le jeu …
On dirait un gamin et une gamine …
Il y a un peu de cela … ça nous rajeunit
On a quand même pas de chance, au pays du ballon ovale, d’être invités à une soirée où tout le monde se moque que les all black jouent ce soir

807

A force de se croire toujours en été, on en oublie que le temps passe et le blog/projet "les 807" vient de se clôturer sans que cruditéetfleurbleue n'y participe.
(« J'ai compté 807 brins d'herbe, puis je me suis arrêté. La pelouse était vaste encore. » Deux premières phrases du blog d'Eric Chevillard : l'Autofictif )

J’ai compté 807 dés à coudre, puis je me suis arrêté. Même ma frénésie onaniste adolescente n’aurait pas suffi pour remplir un xahakoa .

J’ai tourné 807 fois ma langue, puis je me suis arrêté. Le plaisir de Gehaxina était au delà de la luxation de ma mâchoire.

24 novembre : été (fin de l')


En euskara, il n’y a que 2 saisons
Negua : l’hiver
et
Uda : l’été.
Ce qui existe ailleurs sous le nom de printemps est udaberria : le début de l’été
Ce qui existe ailleurs sous le nom d’automne est udazkena : la fin de l’été
(Milesker à Claude pour le rappel)
jardin : 24/11 à 13 h (bai, quand il y a trop de soleil, ça fait contre jour)

Retard

Dimanche matin de régates sur l’Adour. Les 8 de couple et de pointe sont de sortie.« On a vraiment ramé comme des manches, ce n’est pas possible, on s’est pris 4 longueurs par les vétérans bleu ciel ! » fulmine Patxi au retour.
« Quatre longueurs de manche ? Allez, viens refaire ton retard ! » propose Erregina vaillamment.

Vous pouvez pas comprendre (3)

« Bai, tes lèvres, … là, comme cela, … bai, bai, oooooh
« Ta langue, bai, un petit tour encore, … bai, …là je …
« Bai, bascule ton bassin, encore, encore, … t’arrête pas
« Tiens bien mes hanches, bai, encore, c’est parti, c’est parti, c’est partiiiii

Explosions sur la langue, sous les doigts, au bout de la hampe, au profond des coffres aux merveilles.

« Wouah, on a fait le grand jeu ! »
« Bai, une révision complète »

« Tu pars ? »
« Bai, j’y vais »
« On se revoit … quand ? »
« Je ne sais pas si on se revoit »
« Mais pourquoi, ce n’était pas bien ? je ne comprends pas, on a pris des pieds d’enfer ! »
« Bai, c’était grand »
« On a vidé deux bouteilles de txakuli »
« Bai, le txakuli c’était bien, c’était frais pendant et après »
« Alors, je ne comprends pas ! » se lamente Ramuntxo
« Tu ne sais vraiment pas cuisiner le merlu ! » assène Verbena

Lapin

On nous prie d'insérer :

Marché

Pour bien choisir :

ronde grelot très hâtive (déconseillée sauf pour un grignotage dans un ascenseur)
courte hâtive de Hollande (à réserver aux en-cas tardifs)
demi-longue Nantaise à bout rond (épluchage facile)
pâle demi-longue de Chantenay (discrètement gouteuse)
demi-courte grosse de Guérande (promet beaucoup mais rassasie peu)
fine demi-longue de Carentan (peut permettre d’évacuer une hésitation dans le choix de l’entrée)
longue de Flandre (indispensable pour la satiété)

Proportion

« Tu ne les trouves pas un peu petits mes citrons ? » interroge Janamari en se contemplant.
« Ez, ils sont parfaits, juste pour ma main » répond Bilintx en illustrant son propos.
« Ce ne sont pas des battoirs non plus tes mains, tu as plutôt de petites mains. Et de petits doigts. »
L’index inquisiteur de Bilintx qui gagne l’intimité la plus serrée de Janamari replace toutes les choses à leurs justes proportions.


Le citron vient de chez Nadège

Aragon

" Que serais-je sans moi ? " chantonne l'onaniste.

Jour de victoire

La victoire sur un sang impur donne un jour férié. La caissière de la piscine de Biarritz y a aussi droit et c’est Onintza qui la remplace juste pour aujourd’hui. Onintza est toute jeune. Elle sourit et distribue les entrées. Onintza regarde avec un mélange d’appréhension et d’envie une petite clé de forme bizarre posée dans un coin de la caisse.
La piscine de Biarritz, collée au casino, directement sur la Grande Plage est juste vieillotte ce qu’il faut : un vestiaire hommes tout en longueur avec des casiers partout qui mangent la lumière des fenêtres granitées. Les deux pauvres cabines individuelles sont tellement étroites que personne ne les utilise et que tous les nageurs, jeunes, vieux, chemises, polos, teeshirts se déshabillent simplement au milieu.
« Ça doit quand même être quelque chose » a dit Onintza à ses copines en leur annonçant qu’elle avait le poste pour la journée « dix, quinze, vingt hommes nus ; plein de petits culs bien fermes, d’abdo musclés ! ».
« Dans tes rêves » ont dit les copines « tu vas passer la matinée à compter tes sous et tu ne verras rien du tout ! »
Un gros flot vient d’entrer. Onintza attend. Peut être. Bai, il y en a un qui revient ; sa pièce pour le casier est restée coincée. Onintza peut lui donner la petite clé bizarre qui débloque le mécanisme. Elle peut aussi … même pas cap … « on va voir ça » … cap.
Lorsqu’Onintza pénètre dans le vestiaire derrière le client, le spectacle des peaux nues et claires dans la pénombre du vestiaire est du plus bel effet. Un reste de pudeur fait que les hommes se tournent tous discrètement et offrent leurs fesses à Onintza. Et un bonheur n’arrivant jamais seul, le casier bloqué est tout au fond du vestiaire.

En rebond/variation fille du cap/pas cap des fêtes de Bayonne.

Vague équilibre

Vague basque : Juste pour équilibrer le discours de certaine(s) concernant les vagues en Bretagne

Chaussure à son pied

« Je ne comprends pas Maider et tout l’argent qu’elle passe dans des chaussures » grommelle Haitz, entrainé bien malgré lui dans un tour de boutiques de copines.
« Tu ne peux pas tout comprendre » sourit Sustrai en prenant son bras.
« Je pense que c’est dans les périodes où elle n’a pas de copain » propose Haitz
« Ah bon … ? »
« Bai, à défaut de prendre son pied, elle peut toujours le regarder ! »

Relation d'aide

Si Txomin pousse Xan dans le puits,
c'est pour l'aider à aller au fond des choses.

Bannière (7)

Pas sur que le mélange Watteau Ribera soit en phase avec les thèmes développés sur ce blogue. Qu'en pensez-vous ?

Ahuntza

Les paysans basques descendent de leurs montagnes vers Bayonne et c’est samedi soir à Lurrama. Tandis que ça rocke à l’entrée, que cela mutxikote derrière et que la file pour les taloak s’allonge, le chapiteau avec les animaux est presque vide. Lezana contemple la truie pie noire et ses 8 porcelets allongés, repus sous leur meule de fougères. Gotzon, à deux pas, les mains dans les poches, ne regarde rien de spécial et écoute d’une oreille distraite le mélange rock-folk qui arrive atténué.
La chèvre noire s’approche sans brusquerie du bord de son enclos et avance tranquillement la tête en direction de Gotzon. La main de Gotzon sort de sa poche sans qu’il en ait véritablement conscience et commence de caresser le bord de l’oreille de la chèvre, entre le pouce et l’index. Et la deuxième main sort également et vient câliner l’arrière des cornes. Gotzon se baisse, colle doucement son nez sur le museau, cale ses yeux dans ceux de la chèvre et gratouille, caline, du bout de tous ses doigts. Lezana n’ose pas interrompre l’instant. Elle regarde la scène et se sent gagnée, simple spectatrice, par la quiétude des deux acteurs. Cela dure le temps que cela dure, comme une parenthèse. Puis Gotzon se redresse, flatte une dernière fois la chèvre et sourit à Lezana.

« On rentre ? »

« Ez, ne te lave pas les mains » murmure Lezana en interrompant le geste de Gotzon vers la salle de bains « avant, fais-moi des papouilles comme à la biquette ».

Cerisier

En rebond, très lointain, d'une phrase que Coumarine n'a même pas vraiment écrite :
Un arbre, ce n'est pas fait pour être figé par une image vide d'une histoire qui ne s'est jamais dite (en fait "arbre" et "histoire jamais dite" doivent vraiment être de l'auteur précité)

Première vraie flambée de la saison. Ce n’est pas vraiment nécessaire, il fait encore bon, mais c’est agréable et cela ouvre bien le weekend.
« Ce sont des buches de fruitier, elles viennent d’où ? » interroge Usoa
« Du vieux cerisier au fond du terrain de Baigori, tu sais, on l’a coupé il y a deux ans »
« Bai, il avait quel âge cet arbre ? »
« Je ne sais pas, une bonne cinquantaine d’années » tente Ramuntxo
« Cela veut dire que le feu nous raconte une histoire vieille d’un demi siècle ? »
« Si tu veux. Peut être pas la grande histoire ; juste ce qui c’est passé dans les 10m² autour du tronc »

« Itz su » murmure Usoa
« Qu’est ce que tu dis ? Je ne comprends pas ton euskara »
« Ce n’est pas pour des oreilles humaines de toute façon. Regarde le feu »
Des images se forment dans les flammes, visions irisées de jaune et de bleu
« Mais comment tu fais tes trucs de sorgin … ? » grogne Ramuntxo interloqué
« Il n’y a pas de truc, c’est simplement le feu qui raconte l’histoire du bois, regardons c’est tout »
« Mais, c’est quoi … c’est … mais je me reconnais … » sourit Ramuntxo
« Bai, moi aussi je la reconnais, tu la secoues après avoir pissé sur le tronc du cerisier »
« Il n’y a pas que moi, regarde, celle-ci c’est à qui ? »
« Je ne sais pas, je n’ai pas été sous la douche avec les membres de ta famille mais visiblement c’était une institution pour les mâles d’aller pisser au fond du jardin. Regarde-moi cette collection ! »
Et cela défile. Le cerisier se les rappelle toutes, les petites, les toutes petites, les banales et les très grandes, classées par ordre chronologique, de la plus récente à la plus ancienne.
« Ça c’est l’oncle Xan, il était réputé dans la famille pour en avoir une très grosse. Oh là, on remonte dans le temps, regarde les boutons de manchettes. Et là, mais, …, »
Là, ce n’est visiblement plus une miction et la main qui s’occupe de la hampe est indiscutablement féminine. Elle s’en occupe très bien d’ailleurs car un jet majestueux crie sa victoire. Et les images disparaissent des flammes.
« C’était la dernière, donc c’est la plus vieille histoire »
« C’est l’histoire de ceux qui ont planté l’arbre alors »
« Bai, aitaxi avait de la sève et amatxi était une bonne horticultrice ».

Carnet bayonnais octobre

Voici une note de blog sympa (rien à faire juste mettre un lien vers une note écrite par quelqu'une d'autre et auquelle il n'y a rien à rajouter) et qui démontre que les blogeurs sont des gens normaux.

Tactile

Un truc que les filles ont toujours sur elles et qu'elles caressent du bout des doigts ?

Si tu penses à autre chose qu'un IPhone, c'est que tu n'es pas de la bonne génération.

Vous pouvez pas comprendre (2)

« Soyez prudents, il y a une soirée pour les prisonniers* basques au trinquet et les gendarmes font toujours des contrôles ces soirs là » conseille la patronne de l’auberge d’Helette en orientant le choix vers une demi-bouteille pour accompagner la palombe rôtie.

C’est une soirée radicale effectivement, pas forcément pour les presoak*. Public jeune et très jeune. Le groupe qui assure la première partie avec un rock country gentillet chauffe comme il peut, sans trop de succès, avec beaucoup plus de monde agglutiné devant l’immense bar que devant la scène. Puis le chanteur lance « Allez, en place pour le fandago ». Et la piste devant la scène se remplit instantanément de jeunes aux teeshirts noirs revendicatifs ; les cercles se forment, les bras se lèvent, les mêmes bras qui tendront les poings plus tard dans la soirée pour scander des slogans ; le fandango démarre. Et tout le monde sait les pas. Et tout le monde tourne ensemble comme les amatxis et les aitatxis d'il y a cent ans.









Le radicalisme du fandago ? Tais toi et danse !

Un vague sentiment de culpabilité sur le bout de la langue

En rebond d'un picorage chez Coumarine

C’est sur qu’elle exagère un tout petit peu : il y a décolleté et il y a « tu as vu la naissance de mes seins ? tu as vu ? tu as bien vu ? ». Là, c’est le deuxième cas. Et Ganix tombe sans résistance dans le sillon. Et même sur la pente douce qui suit la naissance. Et même, lorsqu’elle se penche, parce qu’elle se penche forcément vers lui, sur la lisière de la dentelle qui retient légèrement deux seins peu volumineux mais ne demandant qu’à pointer. D’ailleurs, deux verres de Navarre et quinze éclats de rire plus tard, Ganix est presque certain de leur érection.

C’est la main d’Aiala qui reprend possession de celle de Ganix et qui remet imperceptiblement de l’ordre dans cet apéro qui suit la rencontre sportive « On va peut être y aller, il est déjà 14 heures et on a plein de choses à faire ».
Plein de choses, dont une petite sieste après le sport et l’apéro. Et lorsqu’Aiala jouit magnifiquement, la fierté de Ganix reçoit le picotement d’un vague sentiment de culpabilité car, sur le bout de sa langue, se mélangent tout à la fois le petit portier d’Aiala et le téton d’une autre.

De la dispartion inévitable de la pêche artisanale

Marché aux poissons. Du merlu, du merluchon, du merlu friture sur tous les étals.
Il gare son Audi immatriculée région parisienne très riche et s’approche du premier étal.
« Bonjour, je voudrais de la dorade ».
« Cette nuit, c’est du merlu qu’il y avait dans les filets ».
« Ah mais je voulais de la dorade »
« Aujourd’hui il n'y a que du merlu, désolé »
« Vous en aurez demain de la dorade ? »

Vol de glace

Un ciel vide de lune et des étoiles tellement glacées qu'elles peinent à éclairer la nuit.
L’un contre l’autre sur la banquette arrière.
« C’est obligé la vitre ouverte ? On gèle ! »
« Serre moi plus fort, tais toi et écoute »
« … je n’entends rien »
« Ca va venir, attends »
« … on ne peut pas … juste … simplement quoi … fermer la fenêtre et se réchauffer l’un dans l’autre ? … on est obligé de faire un truc new-age écolo … et de ne même pas jouir ? »
« Là ! »
Le cri des grues vrille la nuit.
Le vol n’est pas très haut mais invisible dans le noir.
C’est perçant, c’est brut et il devient difficile de croire que seul le froid est responsable de la chair de poule.
Et cela dure aussi longtemps que le vol n’a pas gagné le sud.
Longtemps.
Et l’étreinte qui suit le silence est terriblement silencieuse également.

Orgue

« C’est trop facile les gros tuyaux, dès que tu joues de l’orgue, les filles pensent que tu es un super coup » se lamente Donaiki en regardant l’un des concertistes partir avec une beauté à la fin de l’inauguration du nouvel instrument d’Urrugne.
« Parce que toi, tu joues de quoi ? » interroge Pakita de l’autre coté du bar déjà prête à consoler ce musicien triste.
« Txirula et txistu » soupire Donaiki.
« Les petites flutes à 2 trous ? » grimace Pakita
« Bai, enfin, à 3, il y a le pouce aussi »
« C’est sur qu’un petit bout de buis et 2 doigts agiles, cela ne parle pas pareil qu’un gros tuyau » compatit Pakita « Et ton copain là-bas, il joue de quoi ? »
« Lui, c’est encore pire, il joue de la txalaparta. Tu t’imagines avec un gars qui change de rythme tout le temps ? »

Pastore lore

Le meilleur endroit pour voir les pottock quitter la Rhune avant de s’élancer dans les rues d’Ascain est au dessus du parking des carrières : il y a un peu de pente, la piste s’élargit et les pottock prennent de l’élan poussés par les courageux qui ont couru la Rhune toute la matinée pour les rassembler. Gehaxina s’est placée au croisement à coté d’autres spectateurs qui, comme elle, vont tenter de canaliser le déferlement des pottock dans le virage à droite.
Gehaxina attend. Il ne pleut pas encore. Elle sait que Fermintxo court la montagne depuis ce matin. Il lui a promis un irrintzina au passage de la crête.
Gehaxina est patiente. Elle devine avant même de le voir au dessus d’elle dans le ciel, juste sous le nuage, bai, c’est un vol, une dizaine d’oies qui se relayent en V vers le sud. Son premier vol de la saison. Presqu’aussitôt un irrintzina jaillit, puis un autre répond. Et le premier pottok apparait se découpant sur la crête. Et d’autres pottock en file se détachent à contre jour. Il semble à Gehaxina que le défilé n’en finit pas là-haut. Il y a un blanc, un creux puis les premiers guides apparaissent à grandes enjambées, suivis de juments suitées puis cela déboule, cloches, hennissements des poulains dans le flot, martellement des sabots sur les pierres de la piste. Le flux accélère, les hommes, les chiens courent, les pottok évitent les spectateurs et coupent le virage de l’autre coté, ils coupent même beaucoup, écrasant sur plus de trois mètres les bruyères, les tuyas, tout ce qui se met devant eux. Gehaxina sent la palpitation sourde des 600 sabots qui lui remonte jusqu’au creux du ventre tandis qu’elle voit Fermintxo courir après un poulain noir échappé, Fermintxo tomber, se relever, reprendre sa course le bâton en l’air et ramener le poulain dans le flot. Il ne va pas la voir tellement il est porté par la course ? il cherche du regard sans ralentir, bai. Sourire éclatant d’un bonheur primitif.

La pluie n’en peut plus de patienter et elle se lance pleine force. Effort et pluie, les pottock fument très vite et lâchent leurs tonnes de crottin dans les rues d’Ascain. La pluie nettoie.

« Tu as encore de l’énergie après une matinée passée à courir la Rhune ! » s’exclame Gehaxina en contemplant Fermintxo au sortir de la douche.
« Bai, c’est moi l’étalon du troupeau ! »
« Quel troupeau ? La seule et l’unique c’est moi, sinon je coupe ! » hennit Gehaxina en assurant sa prise sur la hampe.

Dans le lit de Gehaxina, après.
Gehaxina ne peut pas dire que Fermintxo ronfle, ez. Il dort simplement. Brisé, rompu, heureux.
Gehaxina quitte le lit, gagne la fenêtre et regarde la pluie tomber.
« Pluie, pottock descendus, premier vol. C’est le bon moment pour convaincre Fermintxo de s’installer ici pour qu’on passe l’automne ensemble. Au moins l’automne ».

Professeur

09/10/2009 A Finkielkraut à propos de R Polansky accusé de viol sur une mineure de 13 ans :
« La victime n’était pas une fillette, une petite fille, une enfant aux moments des faits, c’était une adolescente qui posait nue, dénudée, pour Vogue Homme »

11/08/2005 J Grenet, maire de Bayonne, à propos d’un viol durant les fêtes :
" Je dis simplement que quand on se met en string et torse nu à 3h du matin, on a plus de chance de se faire violer ".

Finalement un notable de province pourrait tout à fait être prof à Polytechnique (chaire de culpabilisation des victimes).

Fluide

Octobre, 23 heures, 23°, l’océan est trop paresseux pour envoyer un souffle et la fumée stagne au dessus des fumeurs.
« Je crois que je vais m’endormir sur la terrasse » murmure Pago en laissant la cendre produire un cylindre régulier, « je n’ai plus d’énergie ».
« Je confirme » répond Udana en tirant sur sa menthol « je la sens qui coule ton énergie ».

100/100

Ça n’a pas beaucoup d’importance -sauf pour ceux qui aiment la numérologie- mais l’histoire en dessous était la 100° crudité qui avait rejoint la 100° fleur bleue
Avec un peu de scories quand même, cela devient brouillon, ez ?

Herborisation

« Tiens, on fait un tour par le jardin botanique » propose Oilhan au sortir de la poterne.
« Pourquoi pas mais pourquoi maintenant ? » interroge Maialen.
« Car, bien qu’il fasse 28°, nous sommes quand même le 6 octobre, le jardin va fermer le 15 octobre et, comme tous les ans, on va se réveiller trop tard pour s’embrasser sur le pont japonais ».

Oilhan et Maialen déambulent dans les petites allées bien rétrécies par la pousse des plantes durant tout l’été. Les grosses carpes japonaises assistent à leur baiser sur le petit pont rouge.
« Ce sont les mêmes que lorsque nous étions lycéens ? » se demande Oilhan.
« Bai, la grosse jaune se rappelle que tu as failli m’étouffer avec ta langue tellement tu l’enfonçais » déclare Maialen dans un éclat de rire.

Ils flânent et entrent dans la bambouseraie au fond du jardin. C’est plus calme, plus tamisé aussi. Maialen laisse glisser sa main sur les tiges de bambou qui pointent, serrées, vers le ciel. Entre le pouce et l’index, elle teste « Celle-ci peut être ? Ez, trop fine ; celle-là alors ? bai, c’est plutôt ça » sourit-elle en refermant complètement sa main sur le bambou et en imprimant un mouvement très lent de haut en bas qui ne laisse pas Oilhan indifférent. « Confrontons » propose-t-il en se rapprochant. Maialen vérifie que ses perceptions tactiles sont bien identiques au creux de chaque main. Le merle qui gratte les feuilles sous les bambous à deux pas reste indifférent à l’activité comparative de Maialen. Par contre, il n’apprécie pas du tout le jet violent qui vient frôler son bec quelques minutes plus tard.

Patxaran bat

1) Un mec m'a forcé la main pour participer à un concours d'écriture ("Allez, on y va tous les 2, j'écris en euskara et toi en français"). Un défi de mec quoi !
2) Résultat : j'ai écrit (en respectant à peu près le thème)
3) Résultat : il n'a rien écrit du tout (honte à lui + 1 verre de vin)
4) Précautions :
41) Attention ! Il n'y a pas de crudité (c'était un concours "tous publics") ça manque un peu.
42) Attention ! C'est un peu long (il y avait des bornes sup et inf) (et il y a des personnes bien meilleures pour ce type de format).
Vous êtes prévenu(e)s, c'est ici.

Bogues

Les cuisses largement écartées au dessus de la baignoire, Kimetz applique des doses et des doses de pommade avec délicatesse sur ses sacs de soie.
« Ce n’est vraiment pas malin » fulmine-t-il à l’adresse de Gastaina « regarde, elles sont toutes rouges ! »
« Les jeunes bogues de châtaignes, bien rondes, bien fermes, leur ressemblent vraiment beaucoup » se moque Gastaina.
« Cela ressemble peut être mais ce n’était pas une raison pour en glisser dans mon caleçon pendant la ballade au dessus d'Iraty ! »

Bannière (6) Lecture

Les images de la bannière appartiennent à Nadège

Pompiers


Après avoir cru déceler une affection particulière de certaines lectrices pour les pompiers (beaux et virils) cruditéetfleurbleue remet le lien des pompiers basques de Bilbao.

Mots sur papier

…Livre-mage
Qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
Les yeux fermés …
Dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

Cheminement
: Nadège qui parle de "mots" et illustre avec une lectrice,
qui me renvoie à une peinture de Leyendecker (bai, j'aime les pompiers) que j'ai utilisée pour illustrer une histoire,
qui, en son temps, avait été impulsée par des vers de Rilke (à moins que ce ne soit cette histoire qui avait été soufflée par Rilke)

Verveine (2)

Une simple feuille de verveine fraiche dans une enveloppe déposée dans sa boite aux lettres de très bonne heure et Berbena sait que la journée va être belle.
Elle glisse la feuille de verveine entre ses nymphes, s’active, certaine d’être impeccablement parfumée lorsque Txabi la rejoindra après ses heures d’équipe du matin.

Sésame

Journée du patrimoine. Adiera et Lois patientent en attendant le départ de la visite.
« Tu pourrais finir ton assiette quand même » murmure Adiera en se collant à Lois.
« … ? »
« Le petit sachet de grains de sésame que tu as versé sur mon intimité … »
« Bai, je suis gourmand de sésame. Et parfumé avec ton miel, c’est fantastique sur la langue. Tu as joui, ez ? »
« Bien sur, mais tu as laissé un grain sous mon capuchon et là, ça va être délicieusement insupportable durant toute la visite ! »

Inondations Bayonne




L’opinion selon laquelle les orgasmes de Mari, la déesse mère, déclenchent de violents orages est assez couramment partagée en euskal herria.
Par contre, de mémoire d’amatxi, il n’avait encore jamais été démontré que Mari était également une femme–fontaine. C’est chose faite.


Camille MM a une vision très personnelle des inondations et de la déesse mère (c'est pas pour les petits)

Frais

« Il ne vient plus le copain de la voisine ? » s’étonne Ganix dans le silence de la rue Capitaine Pellot « on n’entend plus ses brames de cerf pré et post orgasmiques. »
« Ez, c’est simplement mi-septembre » répond Perona en se pelotonnant « les soirées rafraichissent et la voisine ferme sa fenêtre. »

Invite (3)

Sur un défi/proposition de Jalexis (qui n'a peur de rien)



« Allez ! On a plein de choses à visiter » déclare Mantxot en entrainant Loretxa hors de l’Hôtel du Palais.
« Pfou » tergiverse Lorentxa « On aurait pu prendre le temps, je n’ai quand même joui que 5 fois ce matin ! »

Invite (2)

Sur un défi/proposition de Jalexis (il n'a pas peur, vraiment)
Jusqu’à maintenant Mantso arrivait avec un bouquet de fleurs ou un bouquet de chocolats lorsqu’il se rendait chez Lorenza. Il était invité.
Ce matin, pour la première fois, Mantso va chercher le pain pour le petit déjeuner.
Et le long du fleuve, Mantso n’en est pas peu fier.

Invite (1)

Sur un défi/proposition de Jalexis (il n'a pas peur)


Laurendia se dit que sa rencontre avec Manzio va rendre nécessaire une visite chez la gynéco.
« Je ne suis pas certaine que la ménopause soit une méthode de contraception efficace ».
*In petto *"Parce que même si je suis bien équipée pour, la cravate de notaire n'est pas complètement satisfaisante de mon point de vue"

Buée

Matin de début septembre qui prolonge une claire nuit de pleine lune. Première petite trace de buée sur la vitre de la chambre au matin, juste à la lisière du bois de la vieille fenêtre. Petexa ouvre les volets, offre sa poitrine nue au froid pour faire pointer ses tétons et retourne sous les draps se coller à Kismi. Ce dernier grogne « Tu es gelée ! » « De partout » complète Petexa en glissant sa main froide sous les sacs de soie de Kismi pour marquer le réveil. Mais au lieu de poursuivre et de s’assurer que la hampe est toujours reliée, Petexa quitte le lit, ouvre l’armoire et revient avec un sweet orange « Tiens enfile le, tu vas prendre froid ». Kismi s’exécute. Petexa se colle à lui sous les draps.

Début de soirée de septembre qui finit une journée de travail remplie de réunions. « Change toi, douche toi pour ne pas faire rentrer ton boulot dans la maison » déclare Petexa comme Kismi passe la porte avec son air de salarié soumis. Petexa assiste à la douche de Kismi, papotage, respiration, nettoyage et essuyage de dos : « hum » grogne Kismi. Petexa pose la serviette et revient avec le sweet orange « Tiens enfile le, tu vas prendre froid ». M s’exécute. Petexa se colle à lui sur le canapé devant une assiette d’ibaiona.

Milieu de soirée, vaisselle rangée, lectures croisées en écoutant de l’otxote. « J’ai un peu froid, tu me passes ton sweet ? » demande Petexa. Kismi s’exécute. Petexa abandonne son fauteuil et vient se coller à Kismi sur le canapé.
« Je l’aime bien ton sweet » ronronne Petexa.
« Je vois cela, tu peux le prendre tout le temps pour la maison si tu veux » propose Kismi.
« Ez, ez, je te l’emprunte juste, c’est mieux. »
« Mieux ? »
« Bai, tu te rappelles la première fois que je suis venue ici ? »
« Ez, pas vraiment. »
« C’était à peu près en cette saison, on venait de faire la réunion de rentrée de l’association, tu as proposé un café, un déca, n’importe quoi pour prolonger un peu l’instant. Presque tout le monde est venu chez toi. La journée avait été chaude et je n’avais pas grand-chose sur les épaules. Je t’ai demandé un pull, un gilet. Tu m’as prêté le sweet orange que tu portais. Je me suis glissé dedans et avec la chaleur est venue ton odeur. Je crois que je suis tombée amoureuse de tes phéromones tout de suite. »
« Et moi qui croyais que c’était mes talents d’amant qui t’avaient séduite ! »
« Ez, juste un vieux pull déjà porté ».

Mafalda

Au coin de la rue Daniel Argote, le troisième étage accueille les ardeurs d’Enara et Ttale qui remplissent de leurs cris de jouissance le silence laissé par les martinets.
Ttale, satisfait : « Explosif cet orgasme ! »
Enara, taquine : « Bai, si c’est une fille, on l’appellera Mafalda ».

Alibi narratif

Jalexis avait abandonné cette image sans texte.
J’aimerais que cela soit à moi que tu écrives ainsi, installée dans un café comme une midinette de 20 ans toi qui en as ... un peu plus. C’est un bon endroit le café ; dans la maison tu ferais en même temps plein d’autres choses, ménagères ou futiles, mais toujours plus urgentes. Là, dans ce lieu, tu m’accorderais du temps, un instant rien que pour moi, un cadeau.
Cela me plairait bien que tu me consacres un moment pour un texte sur une belle feuille de papier avec un stylo qui trace de vraies lettres de ton écriture ronde comme tes seins (... enfin il me semble que tu traces des lettres bien rondes mais cela remonte à quand la dernière fois que j’ai vu ton écriture ?) Un manuscrit, pas un électronique bien relu, bien présenté mais un texte vivant dans lequel tes hésitations sur le choix des mots, sur les accords, tes ratures, la transcription de ta pensée, de tes sentiments, tout cela transpirerait sur la page. Ce serait une vraie parcelle de toi cette écriture sur une feuille, une sensualité non retouchée.
J’aimerais que tu me donnes rendez-vous dans ce café.

Freddy (2) je dors comme un homme seul

Ci-dessous, encore un truc hors ligne éditoriale (il manque la dame et il n'y a aucune allusion de basquitude). Tout au plus un rebond sur Cendrars.

Je dors comme un homme seul. Pas au milieu du lit. Sur le coté gauche, vers la table de nuit, vers le réveil, vers la pile de livres tous commencés, jamais finis, le nouveau livre offert, acheté, remplaçant entre mes mains les pages déjà débutées, un peu comme les femmes qui se succèdent entre les draps, la nouvelle de ce soir chassant jusqu’au souvenir de la promise de la semaine dernière. Je corne les coins des pages comme j’inscris les numéros de téléphone, une promesse de lendemain que je sais ne jamais tenir.

Je dors comme un homme seul. Je travaille sans relâche à repousser les limites de la journée de labeur, volontaire pour tout ce qui est long, complexe, fastidieux pourvu que cela encombre l’esprit jusqu’au creux du lit sans t’y laisser aucune place.

Je dors comme un homme seul. Le whisky m’abrutit. Ma sueur et mes flatulences me réveillent à 3 heures. Le chivas régal est délétère. Au matin, je lave les draps qui retrouvent le lit au soir, d’une tristesse non repassée.

Je dors comme un homme seul. Anxieux dès mon coucher de devoir supporter au réveil une érection matinale crucifiant mes premiers instants de lucidité.

Je dors comme un homme seul. Loin des nuits adolescentes vierges de tout partage, mais au profond de la perte.

Je dors comme un homme seul. Je me répands, épais, sur le carrelage de la douche, mes yeux fermés concentrés sur le souvenir de tes nymphes écartées et de ton index rouge, toujours le même vernis. Cela m’emmène pour un sommeil de masse jusqu’à 3 heures. Ensuite, je creuse le noir de la nuit de mes tours et retours.

Mamia

Au sortir d'un concert :
- Lorsque tu fais croire que tu chantes en anglais alors que tu n'en comprends pas un traitre mot, on dit que tu chantes en yaourth ?
- Yes, Aïe ouana phoque iou !
- Alors lorsque tu fais croire que tu chantes en basque et que ce sont juste des sons, tu chantes en mamia ?

Dédicace spéciale à Ttirritt qui lui ne chante pas en mamia (mais avec 2 frangines un peu connues)

Ipomées

D’habitude Pette le surfeur lève les filles à Biarritz. Le Blue Cargo, c’est facile, c’est plein de parisiennes ; Pette a de beaux bras, ça plait. Là, samedi soir, avec le feu d’artifices monumental du 15 août sur la grande plage et la foule énorme venue noircir les rues de tout le front de mer, il faut mieux fuir et tenter le petit Bayonne. Pette et ses copains sont rentrés au Kixkil attirés par de la musique « ça change de l’électro » avant de se rendre compte que ça parle plutôt en euskara, que cela rocke franchement en euskara et qu’avec leurs sportwears Pette et ses copains font vraiment parisiens. Bonne soirée cependant, une fille au creux du lit, plutôt explosive - au Kixkil c’est différent du Blue Cargo, c’est plutôt la fille qui harponne -, une fille qui se lève tôt : - 6 heures, faut que je sois à Baigorri pour 8 heures – Et bien salut -, une fille qui revient vite – 6h12 : ma voiture ne démarre pas, ça t’ennuie de m’emmener à Baigorri, faut vraiment que j’y sois pour 8 heures - une fille qui bouleverse l’ordre établi de la grasse matinée du dimanche matin après une nuit de bringue.

La route est un peu longue, c’est même plus loin que Baigorri en remontant sur les Aldudes. Cela laisse le temps de comprendre. Amatxi qui ne veut pas aller à l’hôpital, qui veut mourir dans son lit, dans sa ferme.
« Le médecin avait dit qu’elle n’en avait que pour un mois et ça fait trois mois que la famille se relaye, ce dimanche c’est mon tour, je suis désolée de te faire faire cette route … on ne se connait pas en fait » explique Hostaika.
« Ce n’est pas si grave, je n’ai rien de spécial de prévu, juste retrouver les copains pour une session de surf vers 14 heures »
« Tes copains d’hier soir ? » interroge Hostaika en souriant « J’imagine bien le truc, le rassemblement des beaux gosses sur la grande plage devant le casino de Biarritz à comparer les mérites respectifs de vos conquêtes de la veille »
« Mais pas du tout » rougit Pette « d’abord notre spot c’est Ilbarritz »

Les chiens arrivent la queue joyeuse pour renifler la voiture quand elle se gare dans la cour.
« Tu as le temps de prendre un café ? » propose Hostaika.
« Pourquoi pas » répond Pette en caressant deux chiens en même temps « ce sont les chiens de ta grand-mère ? c’est quoi comme race ? »
« Des corniauds de chasse ; ils ne sont pas vraiment à Amatxi, ce sont les chiens de la maison, mes oncles les emmènent quand ils vont chasser ».
« Ils sentent … ils sentent le chien tes chiens ! »
Hostaika sourit. Il fait déjà chaud.

Pette entend les gouttes de pluie sur les grosses feuilles d’ipomées avant même de les sentir sur ses bras nus tandis qu’il décroche la lessive des fils. Juste à temps. Il a bien fait de proposer d’aider un peu après le café.

L’amatxi d’Hostaika n’est pas dans un bel état. « Elle ne souffre pas » assure Hostaika « enfin, je n’en sais rien » complète-t-elle en passant un gant de toilette sur le visage ridé. Le matin d’août était lourd avant la pluie, il est poisseux depuis. « Je crois qu’une douche lui ferait du bien. On la maintient propre mais ce n’est pas pareil. Tu peux m’aider à la porter ? » demande Hostaika.
Pette porte amatxi tout seul avec ses gros bras ; il y a trop de coudes dans les couloirs, trop de petites marches jusqu’à la salle de bains pour faire cela à deux. Le corps nu d’amatxi semble jaune sur l’émail blanc de la baignoire. Pette tient la tête doucement tandis que Hostaika savonne et douche. Amatxi parle. Enfin, il semble à Pette qu’elle parle. Mais il ne comprend rien. « Elle ne parle plus qu’euskara » commente Hostaika « elle demande le nom de mon fiancé ». Pette entend Hostaika prononcer son prénom.

« Je vais lui préparer à manger, tu peux rester un peu avec elle ? » demande Hostaika avant de quitter la chambre.
Lorsqu’elle revient, Hostaika trouve amatxi endormie, tenant la main de Pette.
« On va la laisser se reposer, on verra si elle mange plus tard, viens » .

Cuisine, grande table. Pette est plutôt pâle, assis sur le banc.
« Ça va ? » s’inquiète Hostaika.
« Pas trop, il vient de m’arriver un truc bizarre. J’étais dans la chambre avec ta grand-mère et je regardais par la fenêtre sans penser à rien. J’ai senti son regard. Elle avait les yeux grands ouverts. Je me suis approché, je me suis assis. Elle a tendu la main. Je lui ai donné la mienne. Puis elle a dit mon prénom. J’ai souri. Elle a dit ton prénom, elle m’a griffé au sang et elle a serré ma main très fort, sans la lâcher »
« Ce n’est pas très grave, elle n’est pas méchante, c’est juste une vieille personne. Fais voir ta main » sourit Hostaika en regardant la petite estafilade sur la tranche de la main droite de Pette.
« Non, ce n’est pas grave. Il n’y avait aucune méchanceté dans ses yeux. Je dirais qu’elle m’a griffé gentiment. Ce que je ne comprends pas, c’est que lorsqu’elle m’a griffé, j’ai eu une érection fulgurante ».
Hostaika pose un petit bisou sur la main de Pette « Elle a encore des restes la vieille sorgin » sourit-elle.
« … »
« C’est assez simple, elle a dit ton nom, elle a dit le mien, elle a versé le sang, les seules érections que tu auras désormais ne seront que pour moi ».
« Mais cela fait même pas 24 heures qu’on se connait ! »
« Tu n’es pas obligé d’y croire tu sais » sourit Hostaika.

Châtaigniers

Une invitation nocturne pour admirer le feu d’artifices depuis la terrasse de l’appartement d’amis. Gexan et Jaiona apportent du sagarno pour 15, c’est une grande terrasse.
« Tu sais ce que ça sent les châtaigniers en fleurs ? » interroge Gexan tout en garant la voiture devant la résidence.
« Ez, je n’ai jamais fait attention » répond Jaiona « mais c’est trop tard regarde, ils forment déjà leurs bogues ».
« Bai, c’est en voyant les arbres que j’y pense, il parait que les fleurs ont une odeur spéciale ».
« Je ne sais pas, faudra demander à ceux qui habitent en face des arbres, ils nous diront ».

Le feu d’artifices est beau, il y a du monde sur la terrasse et du sagarno en trop comme il se doit.

« J’ai demandé à Fermin pour l’odeur des châtaigniers » lance Gexan « Il dit que c’est très entêtant quand les arbres sont en fleurs et que cela sent terriblement la cyprine »
« Ce n’est pas ce que m’a dit Paxkalina » répond Jaiona « Entêtant d’accord mais l’odeur est celle du sperme ».
« C’est bizarre qu’ils n’aient pas la même perception tous les deux ; ce n’est pas pareil comme odeur »
« Ez, mais c’est lié »
« Pour nous c’est lié, c’est souvent une odeur unique et mélangée mais peut être que Paxkalina et Fermin ont des pratiques qui leur permettent de différencier les odeurs »
« Surement ; vu leurs métiers respectifs ils doivent privilégier une combinaison de chiffres ».

Ployer

Chaque matin, Aintza déplace son gros ventre de femme enceinte vers la boulangerie pour acheter sa baguette toute fraiche.
Chaque matin, Aintza constate que les branches du laurier rose de la rue Bourbaki croulent de plus en plus sous les fleurs et plient à former des arcs de cercles menaçant de se rompre.
Chaque matin, Aintza lance un regard de mépris aux branches chargées « Moi, ce n’est pas un simple coup de vent avec un grain de pollen qui m’a mise dans cet état ».

Vous pouvez pas comprendre (1)


Juste une troisième mi-temps rugby en Fédérale 3 (rugby de village quoi !) de cette année 2009. L'Euskara serait donc une langue vivante ?

Dorade

Sonnerie téléphone :

- Maika Bai ?
- Agur, c’est Txomin. Écoute Maika, c’est délicat mais est-ce que je peux venir me doucher chez toi ?
- C’est plus surprenant que délicat mais bai, tu peux venir. Tu as des problèmes de plomberie ?
- Ez, ce sont plutôt des problèmes conjugaux : ce matin, je revenais d’Anglet en vélo. Tu vois le marché aux poissons vers le pont rose ?
- Bai, la piste cyclable passe juste devant.
- Voilà, tellement devant que les piliers de l’auvent du marché s’arrêtent juste au bord de la piste, à un centimètre, tu ne vois pas les gens qui quittent les étals quand tu arrives en vélo.
- Tu as renversé une amatxi ?
- Ez, je suis passé à midi, il n’y avait plus rien à vendre, je suis arrivé juste comme une femme de pêcheur sortait en tirant ses bacs à poissons vides, j’ai freiné, buté et je suis tombé sur le tas de vieille glace qu’elle venait de jeter au bas de son étal.
- Tomber les fesses dans la glace, c’est bon pour les chocs !
- C’est ce que je me suis dit, plus de peur que de mal, je n’ai renversé personne, je remonte sur mon vélo et j’arrive chez moi. Là, ma femme se met à me renifler et à me crier dessus : Ouais, tu dis que tu vas faire du vélo mais tu vas voir ta pute et tu ne prends même pas la peine de te doucher après l’avoir sautée, tu pues la chatte de ta morue !
- Elle dit n’importe quoi, en ce moment ce qu’il y a sur la glace, ce n’est pas de la morue mais des dorades ! Allez viens, je vais t’astiquer !

Touffe

Guxen et Iduia cheminent dans les Aldudes au dessus de Baigorri. Le soleil au zénith déverse ses rayons sur toutes les montagnes basques « Nous ne sommes pas malins de marcher à cette heure là ». La fraicheur de la combe dans laquelle s’engage soudain le chemin est particulièrement bienvenue même si la pente ne s’adoucit pas.
« Tu sais que dans cette combe il y a au moins 3 grottes qui sont les entrées du domaine de Mari » déclare Guxen en prenant la main d’Iduia dans la sienne.
« Allez une histoire de sorcière ! » répond Iduia avec un éclat de rire qui fait résonner la combe.
« Ce n’est pas une histoire de sorgin » rectifie Guxen « Mari, c’est la déesse mère, celle qui sait la vérité, toujours. Si tu entres dans sa grotte, tu ne pourras plus en sortir et tu deviendras une servante de Mari pour l’éternité ».
« Et pourquoi je rentrerais dans sa grotte ? » poursuit Iduia sans cacher son sourire.
« Mais parce que Mari t’y attirera, elle a toujours besoin de servantes pour peigner sa chevelure rousse. Elle te connait, elle sait ce à quoi tu es sensible : l’or, le beau chant, la vue d’un bel homme, elle sait. Et tu entreras dans sa grotte. Et tu y resteras, marquée pour toujours de son sceau. »
« Alors pourquoi tu m’amènes ici ? tu veux te débarrasser de moi ? tu as des vues sur qui ? sur les gros seins de Pakita ? sur le petit cul de Garoa ? » rebondit Iduia en se plantant devant Guxen en riant. Elle soulève son teeshirt « alors, ils ne te plaisent plus mes seins ? » elle se retourne « et mon cul, il ne te plait plus ? » elle frotte avec insistance son bassin sur celui de Guxen qui l’empoigne, tente de l’immobiliser en riant à son tour. Iduia se dégage et lance le jeu, rite universel, vieux comme l’humanité : une fille qui court en riant et un garçon qui suit derrière, avec juste ce qu’il faut de retard pour que la course dure un peu, quelques crochets lorsque les doigts tendus du garçon sont à frôler, un petit slalom entre les chênes têtards et la capture, la chute dans les feuilles, dans la mousse, les éclats de rire et l’essoufflement de la course qui rendent les baisers maladroits malgré le désir qui insiste pour sortir. Et l’étreinte qui s’ordonne, les corps qui se dressent, qui s’ouvrent, qui se trouvent, le rythme qui s’impose.

« Hé, on nous regarde » murmure soudain Iduia en s’immobilisant. Guxen suit la direction du regard d’Iduia. Une robe rouge flotte à côté d’un chêne têtard. « C’est Mari » murmure Guxen « il faut juste continuer et ne pas mentir ». « Mais il n’est pas question qu’elle nous regarde la voyeuse ! » « C’est Mari, tu as déjà vu beaucoup de randonneuses en robe longue et pieds nus ? » La robe rouge semble bouger légèrement et le brillant d’une fine chainette en or met en valeur la blancheur d’une cheville nue. Le temps pour Iduia de bouger légèrement son regard et la robe a disparu. « Elle est surement toujours là, il faut juste continuer et ne pas mentir » poursuit Guxen en reprenant le rythme de ses assauts. « Ne pas mentir ? » interroge Iduia tout en balayant le sous bois du regard. Ne pas mentir, ne pas simuler pour faire plaisir, ne pas penser à autre chose, être complètement là, Guxen énonce les évidences en les ponctuant régulièrement, avec concentration, avec application. Et cela emporte Iduia qui oublie la robe, le sous bois et aborde l’infini en même temps que Guxen.

C’est un peu plus tard, tandis qu’ils se baignent nus dans l’eau glacée d’un torrent qu’Iduia constate qu’une petite mèche rousse agrémente désormais le bord de sa toison.

e-fêtes de Bayonne

Ce qu'il y a de bien avec les e-fêtes, c'est qu'on peut les prolonger même quand Léon est rendormi pour une année.
Arnaud qui a failli être noyé sous le déluge précédant la régate des fêtes (sur son site, c'est mieux présenté)

" Noyau dur qui tance au loin, et s’approche : on examine les nuages comme ses poumons, on ausculte son propre pouls à la mesure de l’avancée du ciel, là-bas, au loin. Quand il craque, se fend, s’ouvre en deux juste au-dessus de nous, les types qui se mettent à courir, l’eau du fleuve qui remue la boue, la lumière qui se déplace dans la seconde : on change de ville.
Ce qui se transforme, c’est justement les trajets : on court la tête dans les épaules, de biais pour éviter les gouttes qui s’abattent toutes sans exception sur nous, et en même temps, de tout leur poids ; on se réfugie sous les porches, on constitue de longue file indienne, côte à côte, le dos contre les façades, le regard levé : on attend.
On n’attend jamais que la pluie cesse — mais qu’elle ralentisse. Qu’elle se calme, qu’elle change de fréquence. On est un peu de cette pluie qui tombe moins, de moins en moins ; ce que nous attendons arrive peu à peu : quand on sort du refuge dans la ville nettoyée, sous la pluie encore là, mais si fine qu’elle ne nous atteint pas, dans la ville dont on respire à nouveau le silence et l’ordre, c’est une autre manière de marcher (plus lentement), c’est une autre façon d’appréhender le ciel.
"

Vendredi souffle

- Tu te rappelles le marmitako des fêtes de l’année dernière ?
- Bai, tu nous as inscrits cette année ?
- Bien sur et je veux qu’on y aille en passant par la passerelle piétons du pont de fer. Et que tu marches devant moi !
- Pourquoi donc ?
- Parce qu’il y a toujours un petit coup de vent au-dessus de l’Adour et qu’il n’y a rien qui ne me mette plus en appétit que la vison fugitive de tes dentelles blanches quand ta jupe blanche s'envole.

Jeudi certitude


« De toutes façons, à 16 ans, si tu ne vas pas défier les vachettes place St André, c’est que tu es une petite bite ! »
Alors les cadets rugby deuxième année, ils y vont. Pas les gros de devant, ez, mais 6 des lignes arrières. Allez hop ! on passe les barrières.
« Finalement, j’y vais pas » lance un centre.
« Et bien garde nos téléphones, petite bite »
La première vache, ils ne voient pas grand-chose, cela se passe de l’autre côté de la place, vers la Treille.
La deuxième vache, une rouge, est vive et coureuse. Elle sème la panique très vite, ça vole en l’air sans que, au raz de la place, on comprenne bien où elle va débouler. Elle arrive très vite sur les cadets, qui par réflexe, évitent le bolide en sautant, en trébuchant. Eclats de rire.
« Ouh, elle va vite ! »
« Bai, c’est pas pour les petites bites ! »
« Si elle te chope, ça découpe ! »
La troisième et la quatrième vache, Gaizko, l’ailier de poche, prend de l’assurance : finalement une vache lancée ça va tout droit alors, avec un bon appui intérieur au dernier moment, tu évites les cornes. Le seul problème, c’est le monde, surtout ceux qui stationnent en rigolant et qui ne rigolent plus lorsqu’ils sont un obstacle devant la vache.
A la cinquième vache, Gaizko est chaud « j’suis pas une petite bite », il appelle la charge et lance sa course au plus près des cornes, il est vraiment à fond, l’adrénaline de la course sur max, il va prendre son appui pour décrocher lorsque l’idiot devant, avec sa bouteille en plastique, se fige, se retourne et se prend Gaizko plein cadre, pleine tête et la vachette en complément.

Gaizko se réveille dans l’ambulance des secouristes.
« Ça va mieux ? » lui demande la secouriste, plutôt jeune d’ailleurs.
« J’ai été touché où ? » interroge Gaizko en découvrant les traces de sang sur son teeshirt blanc.
« Nulle part, on a cru mais non, le sang sur toi c’est l’arcade sourcilière de l’autre gars, on est en train de le recoudre, toi tu n’as rien, tu as juste été bien sonné et la vachette n’a pas loupé ton fond de culotte ».
Et Gaizko s’aperçoit que les restes de son short et de son caleçon ne cachent plus grand-chose de son intimité à cette secouriste, plutôt jeune d’ailleurs.
L’érection qui découle de cette prise de conscience, et que Gaizko tente maladroitement de masquer avec ses mains en coque, le confirme définitivement dans sa certitude de ne pas être une petite bite.

Illustration Nadège

Ouverture patiente

D’accord, on ne met pas son foulard avant l’ouverture officielle des fêtes depuis le balcon de la mairie. Sinon, on est un touriste. Mantzio le sait.
D’accord, on ne fait pas un gros câlin tendre à Aintza, une presqu’inconnue, juste après avoir été présenté. Sinon, on risque de ne plus être invité nulle part –ah, ez, pas le mec en rut !-
D’accord, tout le monde a son foulard dans la poche et tout le monde va le sortir. Mais pas maintenant.
D’accord, Mantzio n’a pas rêvé le sourire échangé un peu au-delà de la courtoisie, le regard juste un peu trop appuyé, les petits signes évidents qui prédisent une suite. Mais la suite plus tard, pas maintenant.
D’accord, le début de soirée en groupe va s’éterniser et n’en plus finir : apéro, tiens t’es là ? on ne se voit qu’aux fêtes ! on va plus loin ? apéro, tapas, tiens te voilà ! apéro, laisse c’est pour moi, on va plus loin écouter une banda ? apéro, on mange quelque chose ? apéro, pintxo, laisse c’est pour moi, tu veux un bout de jambon ? apéro, elle joue bien cette banda pourtant ce sont des landais, on va sur la place de la mairie pour voir le lancer des clés ? Toutes ses déambulations en groupe, attendez on a perdu Xan ! tous ses mouvements de bar en bar avec des regards de plus en plus appuyés entre Aintza et Mantzio, avec des frôlements de moins en moins fortuits, tout cela pour se retrouver, enfin, sur la place de la Mairie, serrés, collés, enfin, au milieu d’une foule compacte les bras en l’air avec son foulard, avec des gens au balcon dont Aintza et Mantzio se moquent tant leur premier baiser les occupent complètement.

« Quand je pense qu’on vient de perdre 3 heures de notre vie alors qu’on aurait pu s’embrasser tout de suite » soupire Mantzio en reprenant son souffle.
« Bai, et ce n’est pas fini » complète Aintza « on a encore au moins pour 4 heures à marcher, à danser, avant de se retrouver entre des draps »
« Ce rituel de l’ouverture des fêtes est vraiment infernal » maugrée Mantzio.
« 7 heures d’attente, c’est un bon délai pour tester l’éjaculation précoce, ez ? »

e-fêtes de Bayonne (suite)

Ami(e)s,

Vous avez lu le billet en-dessous à propos du lancer de clés USB des e-fêtes de Bayonne.
Les fêtes de Bayonne appartiennent à tout le monde, au million de personnes qui passent sur 5 jours mais aussi à tout ceux qui veulent les faire, même si c'est dans leur tête et à des milliers (ou centaines) de kilomètres.
Alors ami(e)s de la blogosphère qui ne viendrez pas cette année ou qui n'êtes jamais venus, cruditéetfleurbleue vous invite-vous lance un défi - vous propose le thème de billet suivant (rayez les mentions inutiles) : racontez, dessinez, imaginez vos fêtes de Bayonne telles que vous les imaginées, rêvées, fantasmées .... N'ayez pas peur, parmi le million de festayres, il y en a bien un ou deux qui vont réaliser ce que vous imaginez.

Maj 1 : Milesker à Mme de K qui s'est lancée la première :















Maj 2 : Milesker à Nadège qui se rappelle des vachettes sur la place St André










Maj 3 : Milesker à Berthoise qui nous offre un pantoum

Aux fêtes de Bayonne,
Je voudrais bien aller.
Quand les tambours tonnent,
C'est bon d'aller danser.

Je voudrais bien aller,
Voir la foule joyeuse.
C'est bon d'aller danser,
Légère et amoureuse.

Voir la foule joyeuse,
Me laisser entraîner,
Légère et amoureuse,
À donner un baiser.

Me laisser entraîner
Par le rouge et le blanc,
À donner un baiser,
M'y perdre follement.

Je voudrais bien aller
Aux fêtes de Bayonne.
C'est bon d'aller danser
Quand les tambours tonnent.

e-fêtes de Bayonne

On nous prie d'insérer :

Les E-Fêtes de Bayonne
Pour cette édition 2009 des Fêtes, nous, le Carnet Bayonnais (groupe de sympathiques blogueurs du Pays Basque) organisons une ouverture inédite et conviviale : en parallèle à la cérémonie officielle, nous donnons rendez-vous à tous les e-Festayres place de la République, pour un lancer de clés... USB.
Le but de cet évènement est d'ouvrir aux Fêtes traditionnelles de nouveaux horizons numériques. Sur le mode contributif ces e-Fêtes s'adressent à toutes et tous, puisque ces clés sont appelées à circuler de main en main et recevoir des contributions électroniques
(photos ou textes) en rapport avec les Fêtes de Bayonne.
Ces témoignages seront ensuite publiés sur le site bayonne-usb.net.
Venez nombreux prendre avec nous Place de la République (Saint-Esprit), ce mercredi 29 juillet, à 22h pétaradantes.

-- Le Carnet Bayonnais

Site : http://bayonne-usb.net/
Mail : mailto:bayonne.usb@gmail.com

Pavoiser

« C’est plus court si on passe par le pont de fer » lance Yakue en constatant que Lezana prend la direction du pont St Esprit.
Lezana n’entend pas. Ou si elle entend, elle ne change pas pour autant la direction de son guidon ni la puissance de son pédalage. Au rire qui fuse soudain, Yakue se dit qu’elle a, en fait, parfaitement entendu.
Il dirige alors ses propres roues dans la direction choisie par Lezana. Il fait beau et pédaler en bord d’Adour est un plaisir que les touristes, agglutinés sur les plages surveillées, n’ont pas encore intégré. Sur le pont St Esprit, Yakue accélère pour se porter à hauteur de Lezana dans le couloir de bus. Le visage de Lezana est fermé et Yakue est obligé d’appuyer fort pour suivre le rythme. Le pont est avalé à toute vitesse, les rues suivantes aussi, les vélos vite rangés, la porte à peine poussée et Lezana se jette sur Yakue, lui arrache son cuissard de vélo, attrape son vit à pleine main et entreprend d’y imprimer un mouvement vif et impérieux. Yakue hésite entre la stupéfaction et le plaisir, entre le cri de révolte et le cri de plaisir. Sa hampe, elle, n’hésite pas et gonfle, enfle, dialogue de toute sa longueur avec la main pressante de Lezana.
Et soudain Lezana se redresse et contemple avec un sourire retrouvé la vigueur dressée de Yakue.
« Ben … » proteste stupéfait Yakue.
« Ah, ça va mieux » lui répond Lezana. « Je me faisais une joie de passer sur le pont St Esprit maintenant qu’il y a tous les drapeaux accrochés sur les mats pour les fêtes. Mais, t’as vu ? Pas un souffle ! Sur ce pont où il y a toujours du vent, rien ! Absolument rien pour agiter les drapeaux. Ce n’est pas un pont pavoisé si les drapeaux pendent comme de vieux chiffons, il faut que cela claque, faut que cela vibre ! »
« Et là moi, je pavoise ! » répond Yakue en se contemplant.
« Bai. Milesker. Ça rétablit mon équilibre. Il y a des choses qui se tiennent bien dans mon quartier ! »

Passion

Betza l’éboueur est heureux. Il s’amuse comme un gosse sur son marchepied à l’arrière de la benne verte. Ces collègues sont heureux aussi, par contagion, de voir ce grand maigre et musclé qui refuse de monter dans la cabine et qui pousse des cris de joie en lançant son poing vers le ciel à chaque bosse, à chaque secousse, à chaque bouche d’égout mal ajustée, à tout ce qui menace son équilibre mais qu’il récupère à la force de ses biceps puissants.

« Il est fou » concluent les collègues en faisant écho à l’éclat de rire à l’arrière de la benne et en accélérant plus que raisonnable sur l’avenue Benjamin Gomez pour faire danser Beltza.

Beltza pourrait se tuer mais Beltza rit.

Beltza aime surtout la tournée du vendredi soir. C’est la collecte du tri sélectif, les sacs de briques de lait, de cartons d’emballage, de bouteilles plastiques, de canettes aluminium. C’est le soir où Otxanda déboule à fond sur son vélo, en sens interdit de la rue Bourbaki, avec son sac plein à la main et qu’elle accélère sur toute la fin de la rue Sourrigues pour rattraper la benne avant le virage de l’avenue Aristide Briant. Beltza à l’arrière de la benne l’encourage, crie, tend son bras au maximum. Et lorsque que le relais se fait, lorsque le sac change de main avant le freinage du bout de la rue, le cri de victoire d’Otxanda n’a rien à envier au hurlement de Beltza.

Beltza et Otxanda se satisfont pleinement de ce rendez vous hebdomadaire.