Touffe

Guxen et Iduia cheminent dans les Aldudes au dessus de Baigorri. Le soleil au zénith déverse ses rayons sur toutes les montagnes basques « Nous ne sommes pas malins de marcher à cette heure là ». La fraicheur de la combe dans laquelle s’engage soudain le chemin est particulièrement bienvenue même si la pente ne s’adoucit pas.
« Tu sais que dans cette combe il y a au moins 3 grottes qui sont les entrées du domaine de Mari » déclare Guxen en prenant la main d’Iduia dans la sienne.
« Allez une histoire de sorcière ! » répond Iduia avec un éclat de rire qui fait résonner la combe.
« Ce n’est pas une histoire de sorgin » rectifie Guxen « Mari, c’est la déesse mère, celle qui sait la vérité, toujours. Si tu entres dans sa grotte, tu ne pourras plus en sortir et tu deviendras une servante de Mari pour l’éternité ».
« Et pourquoi je rentrerais dans sa grotte ? » poursuit Iduia sans cacher son sourire.
« Mais parce que Mari t’y attirera, elle a toujours besoin de servantes pour peigner sa chevelure rousse. Elle te connait, elle sait ce à quoi tu es sensible : l’or, le beau chant, la vue d’un bel homme, elle sait. Et tu entreras dans sa grotte. Et tu y resteras, marquée pour toujours de son sceau. »
« Alors pourquoi tu m’amènes ici ? tu veux te débarrasser de moi ? tu as des vues sur qui ? sur les gros seins de Pakita ? sur le petit cul de Garoa ? » rebondit Iduia en se plantant devant Guxen en riant. Elle soulève son teeshirt « alors, ils ne te plaisent plus mes seins ? » elle se retourne « et mon cul, il ne te plait plus ? » elle frotte avec insistance son bassin sur celui de Guxen qui l’empoigne, tente de l’immobiliser en riant à son tour. Iduia se dégage et lance le jeu, rite universel, vieux comme l’humanité : une fille qui court en riant et un garçon qui suit derrière, avec juste ce qu’il faut de retard pour que la course dure un peu, quelques crochets lorsque les doigts tendus du garçon sont à frôler, un petit slalom entre les chênes têtards et la capture, la chute dans les feuilles, dans la mousse, les éclats de rire et l’essoufflement de la course qui rendent les baisers maladroits malgré le désir qui insiste pour sortir. Et l’étreinte qui s’ordonne, les corps qui se dressent, qui s’ouvrent, qui se trouvent, le rythme qui s’impose.

« Hé, on nous regarde » murmure soudain Iduia en s’immobilisant. Guxen suit la direction du regard d’Iduia. Une robe rouge flotte à côté d’un chêne têtard. « C’est Mari » murmure Guxen « il faut juste continuer et ne pas mentir ». « Mais il n’est pas question qu’elle nous regarde la voyeuse ! » « C’est Mari, tu as déjà vu beaucoup de randonneuses en robe longue et pieds nus ? » La robe rouge semble bouger légèrement et le brillant d’une fine chainette en or met en valeur la blancheur d’une cheville nue. Le temps pour Iduia de bouger légèrement son regard et la robe a disparu. « Elle est surement toujours là, il faut juste continuer et ne pas mentir » poursuit Guxen en reprenant le rythme de ses assauts. « Ne pas mentir ? » interroge Iduia tout en balayant le sous bois du regard. Ne pas mentir, ne pas simuler pour faire plaisir, ne pas penser à autre chose, être complètement là, Guxen énonce les évidences en les ponctuant régulièrement, avec concentration, avec application. Et cela emporte Iduia qui oublie la robe, le sous bois et aborde l’infini en même temps que Guxen.

C’est un peu plus tard, tandis qu’ils se baignent nus dans l’eau glacée d’un torrent qu’Iduia constate qu’une petite mèche rousse agrémente désormais le bord de sa toison.

6 commentaires:

Prax a dit…

Un peu de fraicheur dans les torrents après les fêtes de Bayonne.

Berthoise a dit…

Cet après-midi, j'ai descendu un peu sur le gave de Pau et je passe régulièrement l'Adour, mais je n'ai pas croisé de déesse en robe rouge.

Prax a dit…

Tu n'as peut être réalisé aucune activité pouvant induire un mensonge ?

Sorgina a dit…

J'aime !!!!! :

"une fille qui court en riant et un garçon qui suit derrière, avec juste ce qu’il faut de retard pour que la course dure un peu, quelques crochets lorsque les doigts tendus du garçon sont à frôler, un petit slalom entre les chênes têtards et la capture, la chute dans les feuilles, dans la mousse, les éclats de rire et l’essoufflement de la course qui rendent les baisers maladroits malgré le désir qui insiste pour sortir."

Le plus dur, c'est de retrouver un souffle régulier, et un certain sérieux après la partie de trap-trap...

cat a dit…

Cahez ce sein que je ne saurais voir !!

Prax a dit…

sorgina : le sexe est effectivement une activité sérieuse

cat : ez, ez, c'est très joli un sein, il ne faut pas le cacher !