Pluie en retour
La mythologie basque date d'avant l'Histoire mais cela n'interdit pas d'en raconter.
La pluie incessante qui baigne les montagnes et les vallées d’ipparalde en hiver enchante Lamina. Elle passe des heures, nue sous la pluie, à coiffer avec son peigne en or ses longs cheveux blonds en écoutant les sources déborder. Et lorsque la puissance de l’eau se conjugue à la montée de la lune vers son plein, Lamina est envahie d’un besoin irrépressible de conjonction. Mais la pluie éloigne des sources préférées de Lamina bergers, chasseurs et autres pêcheurs. Aussi remonte-t-elle inlassablement les cours d’eau à la grande vitesse de ses pieds palmés. Elle finit par rencontrer un vieux charbonnier ramassant du bois mort malgré les trombes d’eau. Il est tout entier dans sa tâche et peu ému par la blonde nudité de Lamina.
Elle s’en offusque : « Et bien euskaldun ! Tu n’as pas la politesse de te tendre pour moi ? »
« J’ai deux bonnes raisons, Lamina, deux bonnes, vraiment »
« Nomme la première raison euskaldun ! »
« Le bois ! Sans lui, sous cette pluie, j’ai froid et je meurs »
Lamina claque des doigts et tout ce que la forêt compte de bois mort se retrouve empilé à l’arrière de la cabane du vieux charbonnier en un tas énorme.
« Allons chez toi et tu me nommeras la deuxième raison euskaldun ».
Le vieux charbonnier entre dans sa cabane, suivi de Lamina. Il jette de grandes brassées de bois dans l’âtre, place ses vêtements dégoulinants devant les flammes. Il reste un long moment devant le feu avant de retourner son corps sec vers Lamina en déclarant : « La seconde raison, Lamina, est que je ne me tends plus, ni pour toi, ni pour personne ».
Lamina retire le peigne en or de ses cheveux, s’approche du charbonnier et commence à peigner le taillis blanc entre les jambes de ce dernier, lentement, patiemment. Le buisson quitte le blanc, se grisaille, puis s’assombrit franchement, s’assouplit et laisse se dresser en son milieu un baliveau bien proportionné que Lamina se plait à utiliser à sa guise.
La fièvre du voyage
C’est pour toi, Damattit, que j’ai chargé mon sac des petites choses de chez nous et que je me suis ennuyée durant 5 heures dans ce train. Ton hôtel près du Luxembourg est très classe, ta boite ne se moque pas de toi pour ce déplacement longue durée. J’aurais préféré qu’elle soit garnie la chambre, garnie de toi et qu’on évacue tout de suite ce désir bloqué depuis une semaine. Mais, travail, travail, travail, les galipettes, c’est en soirée. « Profite des derniers jours des soldes, Otxenda ». Bai. La fin des soldes à Paris c’est aussi triste que les ventas au col d’Ibardin après le 31 août. J’ai quand même trouvé un petit truc plein de dentelles, terriblement cher et pas du tout soldé. J’ai fait un tour au Luxembourg aussi. C’est joli. Très civilisé mais joli. Beaucoup plus petit que la forêt d’Iraty cependant.
Il est tard. Et te voilà. Enfin, il semble qu’une partie de toi vient de rentrer. La fièvre qui te dévore n’est pas de la même nature que la mienne et dans tes yeux la flamme est pour le moins vacillante. Ne me dis pas que tu es … malade ! Ne me dis pas, Damattit, que tu m’as susurré des coquineries au téléphone durant toute la semaine pour ce soir être … malade ! Ne me dis pas que ce que ma main va cueillir au bas de ton ventre, c’est tout ce que tu es en mesure d’offrir à une basquaise en pleine santé !
Tu es sous les couvertures dans les bras accueillants de ta fièvre. Tu penses que je vais te veiller comme une bonne amatxi. Erreur ! Le feu, ça se soigne par la glace. Sens ! Je viens de me passer sous l’eau glacée, je suis un bloc de froid, mes tétons pointent comme des clous de givre et je te crucifie. Tiens ? ma cuisse toute entière sur ton entrejambe te fait frémir ? Bien. Je retourne sous la douche, je me glace, je reviens, je me colle. Tiens ? tu changes de registre de fièvre ? Egun on Damattit.
Je ne regarde pas l’heure. Il est un peu plus tard. Je t’entends juste fouiller dans le mini bar de la chambre à la recherche de la chiffonnade de jambon et de l’ardi gasna que je t’ai montés. Je me dis que tout va bien.
Rebond sportif
Ste Agathe
quand son beau sourire relate
nos émois, Agathe.
St Blaise
Heureusement Berthoise entretient la flamme :
Blaise sent la fournaise
De Louise et son con de braise
Échauffer son vit.
Arbre froid
« Il va passer à droite ou à gauche ? » questionne Haitz.
Le tronc ne choisit pas, il affronte la pile, se cale en son centre recevant deux poussées égales des courants jumeaux de chaque coté de la pile.
« Ce n’est pas possible qu’il reste comme ça ! Il ne peut pas être placé juste sur son centre de gravité ! » raisonne Haitz.
« Je crois qu’il veut raconter une histoire avant de disparaitre dans l’océan. Il nous a sentis. On doit juste rester là, à l’écouter » explique Naroa.
Haitz se garde bien de commenter. S’il ne voit rien, c’est qu’il ne veut pas apercevoir. S’il ne sent rien, c’est qu’il ne veut rien ressentir. Il sait juste qu’ils vont prendre froid tous les deux à regarder le tronc résister au flot qui l’emprisonne et qu’on ne discute pas avec une sorgin.
« Et bien, je n’ai rien ressenti, rien entendu » admet Naroa comme l’arbre finit par être emporté sous la voûte gauche du pont.
Haitz se garde bien de préciser que lui, il a parfaitement reçu, en connexion directe avec l’écorce, le souvenir de toutes les siestes crapuleuses qu’un pêcheur du bord de Nive a enchainé, année après année, avec une rousse pulpeuse et déchainée à l’ombre de l’arbre. Et que l’éclaboussure finale dont le tronc a gratifié leurs joues avant d’être entrainé était également un souvenir.
Ste Martine
Débordantes de cyprine.
Antonio cornu.
Bai, déjà mis en ligne il y a 2 ans, mais satisfaction d'une histoire en peu de mots.
Ste Angèle et St Thomas
Pour faire glisser sa bretelle
D’un air naturel.
Complété par Mme de K
Dans son rêve Thomas
Revoit la bretelle d'Angèle
Et son épaule nue
et aussi par Aurélie
Lorsqu'Angèle fait glisser sa dentelle,
Les joues de Thomas se teignent d'une couleur pastel.
et même Coumarine
Oh! chuchote Thomas
j'en suis tout baba
sens là... mon rutabaga...
et Mae
Moins douée Angèle,
Les pinceaux s'emmèlent
Quand surgit Raphael
Indéfiniment
- « Tu n’es pas maladroit, certes mais ce n’est pas ce dont j’ai envie là maintenant » déclare Maixa en sortant nue du lit et en s’approchant de la baie vitrée donnant sur l’Adour.
- « Tu cherches quoi ? » interroge Xalbat
- « Quand tu es arrivé tout à l’heure, c’était marée basse, ez ? »
- « Bai, même très basse, on voyait le pied des piles du Pont St Esprit »
- « Ça veut dire que le fleuve coulait dans le sens du temps »
- « … bai, le fleuve coulait … vers l’océan … un fleuve cela coule toujours vers l’océan »
- « Tu es vraiment un basque de l’intérieur » grogne Maixa en sautant dans ses habits -juste les dessus sans les dessous- et en disparaissant.
Xalbat s’approche de la baie, distingue la silhouette de Maixa qui se contorsionne pour franchir le portillon fermé d’un ponton, qui se penche entre 2 bateaux vers l’Adour. À peine le temps pour Xalbat de s’étonner que déjà Maixa est de retour dans la chambre, ouvrant la baie, renversant quelque chose sur la petite terrasse et se débarrassant de ses habits. Xalbat se retrouve avec une érection si fraiche que trois nouveaux dés à coudre viennent accompagner les orgasmes répétés de Maixa.
- « Tu peux m’expliquer sorgin ? » interroge Xalbat dans un demi-sommeil.
- « Le temps va toujours vers demain indéfiniment. Le fleuve va toujours vers l’océan indéfiniment. L’infini c’est loin alors le temps s’économise et se fait porter par le fleuve puisqu’ils vont tous les deux vers le même but. Sauf qu’ici, après la marée basse et l’étal, le fleuve change puissamment de sens. Il suffit juste de récupérer le temps lorsqu’il repasse ».
- « Alors mon retour érectile, ce n’était pas ma superbe forme physique ; c’était juste mon érection d’avant que je n’arrive ici ? »
- « Tu n’es pas obligé d’y croire mon petit coq tu sais » minaude Maixa.
Corbeau, castor, lapin, devant, derrière
Txabi dépose son désir au profond de Marixa.
Marixa mêle ce désir au sien propre et expulse le tout sur le seuil de la maison.
Le gel de la nuit sculpte le désir en un cristal ivoire que le corbeau blanc prend dans ses serres à minuit.
Un corbeau blanc ?
Évidemment qu’il est blanc le corbeau sinon ce n’est pas une histoire !
Le corbeau blanc, donc, trace son cercle au dessus de la campagne gelée. Il cherche le souffle du vent du sud qui fait fondre le givre et laisse dans son sillage les pâturages verts et gras. Le corbeau blanc, il le trouve ce vent chaud dans la trouée du bosquet qui prolonge l’échancrure du col. Il refait un tour pour bien choisir l’endroit idéal, descend lentement et dépose avec précaution la gemme qu’il tient dans ses serres.
Wouh, il faut plusieurs ingrédients et plusieurs intervenants pour cette potion de sorgin !
Et ce n’est pas fini.
À minuit, Marixa se dirige vers les cages de ses lapins. Elle libère le gros mâle fauve qui s’élance dans la cour en cercles fous puis s’arrête, hume le vent du sud et part à travers champs, ventre à terre. Le lapin fauve trouve toujours l’endroit où le corbeau blanc a déposé la gemme de désir.
Toujours ?
Bai, il trouve toujours l’endroit.
Le désir glacé a fondu dans le vent du sud et s’est mêlé à la terre rouge. Le lapin s’y roule, s’en couvre et refait son voyage à l’envers vers ses maitres, jusqu’au creux d’une boite en carton rempli de linge blanc que Marixa dépose sur le seuil. Le lapin s’y blottit et s’endort. Juste un peu plus tard, Marixa récupère le linge dans la boite, l’applique sur son buisson puis sur le baliveau de Txabi. Et le bouton de Marixa se met à grandir. Et le baliveau de Txabi devient bourgeon. Et le vide devient plein et le plein devient creux. Et Marixa donne et Txabi reçoit. Tout s’inverse mais tout est évidence. Et ce qu’il reste de nuit suffit juste pour apaiser le nouveau désir.
Et il y a une contre potion, quelque chose qui remet tout comme avant ?
Tu crois que Marixa et Txabi ont envie de changer ? Peut être. Alors il faut juste de l’eau. Et le soleil du matin.
Et le chant du coq aussi ?
Ez, le coq rouge c’est une autre histoire.
Pompiers Bilbao

Invictus
- Maika Bai ?
- Arratsaldeon, c’est Txomin. Alors, tu as fini par le voir ce film sur la coupe du monde de rugby dont tu nous parles depuis 18 mois ?
- Bai, je suis allée le voir. Et même en VOST à l’Atalante, c’est te dire ma motivation ! Et j’ai été très déçue !
- Ah bon ! C’est vrai que j’ai lu que les scènes de rugby étaient très moyennes.
- Ce n’est pas ça. Ce film est une escroquerie : tu prends des mecs qui jouent dans la boue, qui passent leur temps à se plaquer par terre, le film dure plus de 2 heures et pas une seule fois tu ne vois les joueurs sous la douche, pas une seule fois tu m’entends ! Pas le moindre petit bout des fesses de Matt Damon ! Une escroquerie !
Ste Priscille
Elle frétille dans ses résilles.
C’est une fille, Priscille.