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e-fêtes de Bayonne

Ce qu'il y a de bien avec les e-fêtes, c'est qu'on peut les prolonger même quand Léon est rendormi pour une année.
Arnaud qui a failli être noyé sous le déluge précédant la régate des fêtes (sur son site, c'est mieux présenté)

" Noyau dur qui tance au loin, et s’approche : on examine les nuages comme ses poumons, on ausculte son propre pouls à la mesure de l’avancée du ciel, là-bas, au loin. Quand il craque, se fend, s’ouvre en deux juste au-dessus de nous, les types qui se mettent à courir, l’eau du fleuve qui remue la boue, la lumière qui se déplace dans la seconde : on change de ville.
Ce qui se transforme, c’est justement les trajets : on court la tête dans les épaules, de biais pour éviter les gouttes qui s’abattent toutes sans exception sur nous, et en même temps, de tout leur poids ; on se réfugie sous les porches, on constitue de longue file indienne, côte à côte, le dos contre les façades, le regard levé : on attend.
On n’attend jamais que la pluie cesse — mais qu’elle ralentisse. Qu’elle se calme, qu’elle change de fréquence. On est un peu de cette pluie qui tombe moins, de moins en moins ; ce que nous attendons arrive peu à peu : quand on sort du refuge dans la ville nettoyée, sous la pluie encore là, mais si fine qu’elle ne nous atteint pas, dans la ville dont on respire à nouveau le silence et l’ordre, c’est une autre manière de marcher (plus lentement), c’est une autre façon d’appréhender le ciel.
"

Vendredi souffle

- Tu te rappelles le marmitako des fêtes de l’année dernière ?
- Bai, tu nous as inscrits cette année ?
- Bien sur et je veux qu’on y aille en passant par la passerelle piétons du pont de fer. Et que tu marches devant moi !
- Pourquoi donc ?
- Parce qu’il y a toujours un petit coup de vent au-dessus de l’Adour et qu’il n’y a rien qui ne me mette plus en appétit que la vison fugitive de tes dentelles blanches quand ta jupe blanche s'envole.

Jeudi certitude


« De toutes façons, à 16 ans, si tu ne vas pas défier les vachettes place St André, c’est que tu es une petite bite ! »
Alors les cadets rugby deuxième année, ils y vont. Pas les gros de devant, ez, mais 6 des lignes arrières. Allez hop ! on passe les barrières.
« Finalement, j’y vais pas » lance un centre.
« Et bien garde nos téléphones, petite bite »
La première vache, ils ne voient pas grand-chose, cela se passe de l’autre côté de la place, vers la Treille.
La deuxième vache, une rouge, est vive et coureuse. Elle sème la panique très vite, ça vole en l’air sans que, au raz de la place, on comprenne bien où elle va débouler. Elle arrive très vite sur les cadets, qui par réflexe, évitent le bolide en sautant, en trébuchant. Eclats de rire.
« Ouh, elle va vite ! »
« Bai, c’est pas pour les petites bites ! »
« Si elle te chope, ça découpe ! »
La troisième et la quatrième vache, Gaizko, l’ailier de poche, prend de l’assurance : finalement une vache lancée ça va tout droit alors, avec un bon appui intérieur au dernier moment, tu évites les cornes. Le seul problème, c’est le monde, surtout ceux qui stationnent en rigolant et qui ne rigolent plus lorsqu’ils sont un obstacle devant la vache.
A la cinquième vache, Gaizko est chaud « j’suis pas une petite bite », il appelle la charge et lance sa course au plus près des cornes, il est vraiment à fond, l’adrénaline de la course sur max, il va prendre son appui pour décrocher lorsque l’idiot devant, avec sa bouteille en plastique, se fige, se retourne et se prend Gaizko plein cadre, pleine tête et la vachette en complément.

Gaizko se réveille dans l’ambulance des secouristes.
« Ça va mieux ? » lui demande la secouriste, plutôt jeune d’ailleurs.
« J’ai été touché où ? » interroge Gaizko en découvrant les traces de sang sur son teeshirt blanc.
« Nulle part, on a cru mais non, le sang sur toi c’est l’arcade sourcilière de l’autre gars, on est en train de le recoudre, toi tu n’as rien, tu as juste été bien sonné et la vachette n’a pas loupé ton fond de culotte ».
Et Gaizko s’aperçoit que les restes de son short et de son caleçon ne cachent plus grand-chose de son intimité à cette secouriste, plutôt jeune d’ailleurs.
L’érection qui découle de cette prise de conscience, et que Gaizko tente maladroitement de masquer avec ses mains en coque, le confirme définitivement dans sa certitude de ne pas être une petite bite.

Illustration Nadège

Ouverture patiente

D’accord, on ne met pas son foulard avant l’ouverture officielle des fêtes depuis le balcon de la mairie. Sinon, on est un touriste. Mantzio le sait.
D’accord, on ne fait pas un gros câlin tendre à Aintza, une presqu’inconnue, juste après avoir été présenté. Sinon, on risque de ne plus être invité nulle part –ah, ez, pas le mec en rut !-
D’accord, tout le monde a son foulard dans la poche et tout le monde va le sortir. Mais pas maintenant.
D’accord, Mantzio n’a pas rêvé le sourire échangé un peu au-delà de la courtoisie, le regard juste un peu trop appuyé, les petits signes évidents qui prédisent une suite. Mais la suite plus tard, pas maintenant.
D’accord, le début de soirée en groupe va s’éterniser et n’en plus finir : apéro, tiens t’es là ? on ne se voit qu’aux fêtes ! on va plus loin ? apéro, tapas, tiens te voilà ! apéro, laisse c’est pour moi, on va plus loin écouter une banda ? apéro, on mange quelque chose ? apéro, pintxo, laisse c’est pour moi, tu veux un bout de jambon ? apéro, elle joue bien cette banda pourtant ce sont des landais, on va sur la place de la mairie pour voir le lancer des clés ? Toutes ses déambulations en groupe, attendez on a perdu Xan ! tous ses mouvements de bar en bar avec des regards de plus en plus appuyés entre Aintza et Mantzio, avec des frôlements de moins en moins fortuits, tout cela pour se retrouver, enfin, sur la place de la Mairie, serrés, collés, enfin, au milieu d’une foule compacte les bras en l’air avec son foulard, avec des gens au balcon dont Aintza et Mantzio se moquent tant leur premier baiser les occupent complètement.

« Quand je pense qu’on vient de perdre 3 heures de notre vie alors qu’on aurait pu s’embrasser tout de suite » soupire Mantzio en reprenant son souffle.
« Bai, et ce n’est pas fini » complète Aintza « on a encore au moins pour 4 heures à marcher, à danser, avant de se retrouver entre des draps »
« Ce rituel de l’ouverture des fêtes est vraiment infernal » maugrée Mantzio.
« 7 heures d’attente, c’est un bon délai pour tester l’éjaculation précoce, ez ? »

e-fêtes de Bayonne (suite)

Ami(e)s,

Vous avez lu le billet en-dessous à propos du lancer de clés USB des e-fêtes de Bayonne.
Les fêtes de Bayonne appartiennent à tout le monde, au million de personnes qui passent sur 5 jours mais aussi à tout ceux qui veulent les faire, même si c'est dans leur tête et à des milliers (ou centaines) de kilomètres.
Alors ami(e)s de la blogosphère qui ne viendrez pas cette année ou qui n'êtes jamais venus, cruditéetfleurbleue vous invite-vous lance un défi - vous propose le thème de billet suivant (rayez les mentions inutiles) : racontez, dessinez, imaginez vos fêtes de Bayonne telles que vous les imaginées, rêvées, fantasmées .... N'ayez pas peur, parmi le million de festayres, il y en a bien un ou deux qui vont réaliser ce que vous imaginez.

Maj 1 : Milesker à Mme de K qui s'est lancée la première :















Maj 2 : Milesker à Nadège qui se rappelle des vachettes sur la place St André










Maj 3 : Milesker à Berthoise qui nous offre un pantoum

Aux fêtes de Bayonne,
Je voudrais bien aller.
Quand les tambours tonnent,
C'est bon d'aller danser.

Je voudrais bien aller,
Voir la foule joyeuse.
C'est bon d'aller danser,
Légère et amoureuse.

Voir la foule joyeuse,
Me laisser entraîner,
Légère et amoureuse,
À donner un baiser.

Me laisser entraîner
Par le rouge et le blanc,
À donner un baiser,
M'y perdre follement.

Je voudrais bien aller
Aux fêtes de Bayonne.
C'est bon d'aller danser
Quand les tambours tonnent.

e-fêtes de Bayonne

On nous prie d'insérer :

Les E-Fêtes de Bayonne
Pour cette édition 2009 des Fêtes, nous, le Carnet Bayonnais (groupe de sympathiques blogueurs du Pays Basque) organisons une ouverture inédite et conviviale : en parallèle à la cérémonie officielle, nous donnons rendez-vous à tous les e-Festayres place de la République, pour un lancer de clés... USB.
Le but de cet évènement est d'ouvrir aux Fêtes traditionnelles de nouveaux horizons numériques. Sur le mode contributif ces e-Fêtes s'adressent à toutes et tous, puisque ces clés sont appelées à circuler de main en main et recevoir des contributions électroniques
(photos ou textes) en rapport avec les Fêtes de Bayonne.
Ces témoignages seront ensuite publiés sur le site bayonne-usb.net.
Venez nombreux prendre avec nous Place de la République (Saint-Esprit), ce mercredi 29 juillet, à 22h pétaradantes.

-- Le Carnet Bayonnais

Site : http://bayonne-usb.net/
Mail : mailto:bayonne.usb@gmail.com

Vendredi poisson

Le vendredi soir des fêtes devant le batzoki de la rue des Visitandines, la centaine de personnes qui déguste le marmitako exprime en euskara ou en français son avis sur la recette :
- Il est riche en thon ce marmitako,
- Oui, mais moi, ce sont les pommes de terre que je préfère, tu peux m’en remettre une louche ?
- Il est bien ce marmitako, il n’y a pas trop de tomate,
- Ni trop de vin blanc, il est parfait,
- Par contre, un tout petit peu plus de piment d’Espelette, ça l’aurait supporté.
Bien serrée sur le banc, avec juste ce qu’il faut de place pour permettre à l’orteil de Damattit de passer la frontière de sa culotte pour s’immiscer dans son intimité, Garoa trouve que ce marmitako est pimenté juste ce qu’il faut.

Jeudi osteguna

« J’aime bien le jeudi des fêtes » murmure Remona en se pelotonnant.

« Oui, c’est le jour des enfants » complète Geraxan en lui caressant les cheveux

« Encierro txiki le matin, réveil du roi Léon à midi, pique nique géant et les jeux l’après midi, on leur a fait la journée complète à nos enfants. Du coup, ce soir, on est surs qu’ils dorment »

« Alors c’est parti pour le concours de l’orgasme le plus bruyant, bai ! ».

Tenue d'ouverture

« Alors là, ez ! Je ne me mettrai pas en blanc et rouge pour l’ouverture des fêtes, pas question ! » tempête Janamari.
Mantxo, lui, enfile sa tenue de festayre – haut blanc, foulard rouge (dans la poche avant 22h) et cinta rouge- « C’est plutôt sympa pourtant ce côté égalitaire, pas de riche, pas de pauvre, tout le monde en blanc pour faire la fête » tente-t-il par jeu.
« Ez, je ne me mettrai pas en uniforme comme tout le monde, je déteste cela, je vais mettre mon tee shirt noir d’origines contrôlées et une jupette en jean, voilà».
Mantxo sourit car il sait que Janamari va porter sous sa jupette la culotte blanche avec le petit ruban rouge qu’il lui a offert la veille.

La chance du dernier jour

« Amatxi(*) ! Vous avez mis votre tenue ! Vous n’allez quand même pas y aller avec tout ce monde ! » déclare sa belle-fille un tout petit peu trop fort au gout de Gaxuxa.
« J’ai rencontré aitatxi(*) le dernier jour des fêtes et depuis 52 ans nous n’en avons pas raté un seul ».
« C’est bien beau les souvenirs mais ils ne vous serviront à rien si vous tombez dans cette foule ».
« Allez Lontxo, on y va » déclare
Gaxuxa en plantant là sa belle-fille. « C’est qu’elle nous prendrait pour des vieux ».
Gaxuxa porte une robe blanche et un foulard rouge « je ne mets plus de ceinture rouge, ça me fait un gros ventre ». Lontxo porte beau la tenue complète et tient avec fierté la main de Gaxuxa . Il y a des festayres partout mais Gaxuxa et Lontxo savent où ils vont. Une première peña, saluer des connaissances, trinquer à la sangria, une deuxième association, d’autres saluts, du blanc limé et ils arrivent, surs d’eux, au but : un petit bar près du théâtre. Il y a toujours autant de monde. Il y a 52 ans, Lontxo et Gaxuxa se dévoraient des yeux depuis une ½ heure lorsqu’une banda était entrée jouer dans le café, provoquant une bousculade et les repoussant au fond, la main de Gaxuxa plaquée sur l’entre-jambes de Lontxo, au sein d’une masse compacte rendant tout mouvement impossible lorsque la protubérance de Lontxo fut devenue honorable sur le devant de son pantalon. Dans la mythologie familiale cette rencontre primordiale racontée par Gaxuxa est devenue : « Il était tellement mignon que j’ai saisi ma chance ».
Depuis 52 ans, même sans bousculade, Lontxo répond toujours honorablement à
Gaxuxa.

(*) aitatxi : grand-père / amatxi : grand-mère

Solitude intellectuelle

A la 4ème nuit des fêtes, Kimetz s’interroge : doit-il danser comme les 3 nuits précédentes ou faire l’amour comme les 3 nuits précédentes. Au vu de la fermeté de son déhanchement sur les rythmes de la peña cubaine, il y a malheureusement fort à parier que Mailen ne partage absolument pas son questionnement.

Guk euskaraz over midnight

Minuit, place Lacarre, si enclavée que cela en fait presque une cour intérieure et un espace étrangement calme au milieu de la fête. Un ciel dégagé qui laisse entrevoir des étoiles malgré les lampadaires. Guk Euskaraz qui arrive assourdi mais juste, joué par une banda de l’autre coté des immeubles, sur la rue poissonnerie. Une petite terrasse déserte qui domine la place, du champagne dans des flutes en verre (incroyable pendant les fêtes), un banc.
« Tu crois qu’il y a deux personnes plus heureuses, à cette seconde précise, sur la terre ? » demande Grazia.
« Assurément non » répond Ganix avant de déposer un baiser doux, long et définitif.

Encierro txiki et moins txiki

Fils est très fier. Avec sa tenue de festayre taille 6 ans, il va courir son premier encierro txiki. Dans la main, il a même une page de Sud-Ouest roulée pour essayer de toucher les toros en carton. Zorione et Ttale trouvent fils très beau. Ils sont serrés l’un contre l’autre, plus que la foule des parents attendant le départ ne le rend nécessaire. Les petits attouchements doux et précis de Ttale font leur effet et la chaleur qui envahit l’intimité de Zorione ne doit rien à la température extérieure.
« Ils courent vers la place du réduit en passant par les halles ? » questionne doucement Ttale
« Oui » acquiesce Zorione les yeux brillants
« Donc, si on coupe par la rue Bourgneuf, on arrive avant eux ? »
« Oui » l’encourage-t-elle
« Et le code d’accès de l’immeuble de Pantxika, tu te le rappelles ? »
« 1154*, cela ouvre sur un couloir sombre, aveugle avec une minuterie difficile à trouver » souffle Zorione.
Et le départ de l’encierro txiki est donné. Des centaines d’enfants en blanc et rouge, poursuivis par les toros à roulettes, s’élancent vers la rue Pannecau tandis que Zorione et Ttale , après un dernier regard vers fils, remontent en courant la rue Bourgneuf, tapent le code « ouf, il n’a pas changé », pénètrent dans le couloir aveugle, se donnent mutuellement accès à leurs intimités, partent dans une cavalcade effrénée, Zorione les mains contre la porte, Ttale, accroché à sa croupe relevée, burinant avec rythme et puissance, Zorione part la première « comme toujours dans cette position », Ttale la rattrape, ils se réarrangent, rouvrent la porte, finissent la rue en sprintant main dans la main, arrivent place du réduit comme les premiers enfants déboulent et se placent sous l’arbre repère juste comme fils arrive, très fier : « J’ai bien couru, je suis tout essoufflé ».
« Nous aussi » répondent-ils en riant.

Ouverture nuit

22 h, quai Bergeret. Les fusées tonnent là-bas au dessus de l’hôtel de ville. Les corolles des feux d’artifices illuminent les façades des allées Boufflers, le pont St Esprit, l’Adour toute entière et les seins nus d’Erregina qui, en soulevant son teeshirt de festayre, les offre à la nuit, au fleuve, à la fête et à Garikoitz qui lui tient la taille.

Ouverture pré

Dialogue téléphonique entre une accorte touriste, 95 B sans soutien gorge et un autochtone bien sous tous rapports.

Elle appelle impérative:
« Alphonse, je veux qu’tu me défonces ! »

Il répond, plaintif :
« Ma Mie, ce soir je ne puis,
Une migraine, oui, quel ennui.
Bien installée, je le crains
Pour 5 longs jours, elle me tient. »

Il raccroche et note sur son frigo cette règle de vie définitive
« Avant les fêtes, surtout pas,
Ton numéro tu n'donneras. »