Bichonne

En rebond sur quelque chose pioché chez Swann d'outre-Escaut

Moi je suis l’amante, celle qui pique le mec des autres, celle à qui on écrit des lettres d'amour, celle à qui on susurre des mots doux pendant des heures au téléphone. Moi je suis l’amante, l’aimée et c’est bien fait pour moi.
Là, il est un peu cassé l’amant ; dans ce lit d’hôpital, le bel hidalgo a objectivement besoin qu’on s’occupe de lui. Et je te croise, toi la légitime, toi l’officielle. Et tu es très forte pour jouer à l’infirmière, à la grande sœur attentive qui assume dans les coups durs, à la solide qui écrase une larme avec discrétion, à la nounou douce, bref, tu tiens à la perfection tous les rôles qu’il te regardait jouer avant, alors qu’il attendait simplement que tu sois femme. Alors bichonne si tu veux, il en a besoin, c’est sur, cela ne lui fera pas de mal. Mais je peux te dire un truc ; quand il sortira d’ici, je sais très bien qu’il viendra vers moi. Et tu sais pourquoi ? Parce que moi, dans sa chambre d’hôpital, sous ses draps d’hôpital, j’ai glissé ma main. Et j’ai vu sa fierté quand je l’ai rendu homme. Alors bichonne si tu veux, j’ai tout mon temps et je n'ai aucun doute.

6 commentaires:

Prax a dit…

C'est une fiction, Swann écrit des choses beaucoup plus douces.

Nathalie a dit…

Oh un homme objet!
Un peu cassé qui plus est.
Et à qui on ne donne pas la parole, seulement la main... :-)

cat a dit…

oui oui oui si c'était aussi simple ! et en effet un peu homme objet bien cassé avec les C... à la place du cerveau le bonhomme !
bref moi ce que j'en dis !
bises
cat

Prax a dit…

la fierté de l'homme tient à peu de choses

Nathalie a dit…

Ne me faites pas croire qu'elle ne tiendrait que dans une main quand même? Si?

Prax a dit…

C'est une fierté de taille variable.