Aliénor exagère à la campagne

Vision campagnarde d’ « Aliénor exagère » du groupe Anamorphose.

Ihintza et Ekain pédalent dans l’été, Ihintza avec une robe légère boutonnée sur le devant –comment peut-on pédaler avec son amoureux en été autrement qu’en cotonnade légère boutonnée sur le devant qui, à chaque coup de pédale, découvre légèrement l’été – et Ekain, un peu ridicule à ses cotés, avec son cuissard de VTT.

Ihintza et Ekain pédalent un peu loin d’euskadi, au milieu d’une plaine moissonnée sur laquelle de grosses balles parallélépipédiques s’empilent en d’impressionnants châteaux forts.

« On fait l’attaque du castel ? » propose Ihintza.

« C’est moi qui fait Richard ! » répond Ekain en riant.

« Attend » dit Ihintza en posant son vélo. Elle soulève sa robe, se débarrasse de sa dentelle, la donne à Ekain « Tiens, il serait dommage pour un chevalier d’aller à l’assaut sans étendard » et disparait de l’autre côté des bottes de paille.

Ekain prend du recul et se met à déclamer à haute voix : « Diantre, vu d’ici, ce castel semble imprenable. Pourtant, nous avons juré sur le saint prépuce de le faire notre. Aussi, par le sang bleu, il tombera. Nous ne pouvons l’attaquer dans ces tenues indignes de l’étendard qui nous a été remis. Débarrassons-nous de ces braies malvenues pour un chevalier ». Le cuissard tombe à terre. « Et abandonnons ces chemises grises de la poussière des chemins ». Le teeshirt ikuriné glisse à son tour ». Nu, la dentelle à la main, il observe avec défi le castel.

Ihintza apparaît tout là haut. Elle déboutonne sa robe, lentement.

« Or donc, moi -bouton- demoiselle et pucelle –bouton- je suis retenue par mon père dans ce castel –bouton-. Il me veut marier avec un vieux françois –bouton- tout vermoulu. Il ne se trouvera aucun chevalier –bouton- capable de me soustraire –bouton– à mon destin –bouton– ennuyeux » –bouton-. Elle écarte les pans de sa robe ouverte et caresse délicatement ses pointes. « Je me languis ». Elle se tourne « Rien à l’orient ». L’autre coté « Rien à l’occident ».

Ekain se raidit à la vue d’Ihintza. Il bondit vers les bottes en poussant un grand cri : « Attaque surprise »

Dans le castel, c’est l’affolement « Alarme ! Alarme ! Richard nous attaque ! »

Ekain commence l’ascension des bottes, vite gêné par la hampe de son étendard. Il progresse cependant : « Vils félons, nous vous ferons rendre gorge »

Le castel se ressaisit : « Vite, des carreaux d’arbalètes, des pierres, repousser leurs échelles ».

Mais Ekain monte toujours : « Nous perçons vos défenses, rien ne nous arrêtera ».

« Rien ? Ha, ha ! Tu ne connais pas notre arme secrète, Richard ! » Et debout sur la plus haute botte, Ihintza dirige sur Ekain le jet puissant et précis de sa miction en criant, sardonique : « L’huile bouillante ! »

3 commentaires:

Prax a dit…

Contexte historique :
Richard Coeur de Lion, l'un des fils d'Aliénor, calme la rébellion d'une union de castels aquitains.
"Attaque surprise" est une réplique de la pièce.
"C'est moi qui fait Richard !" également.
Et l'actrice monte effectivement sur la table de conférence(oui, les dessous -en couleur- de cette scène sont désormais connus).

cat a dit…

Tu as une façon très singulière de refaire l'histoire :-))
merci
cat

Erlaitz a dit…

excellentissime!
agur bat

http://iparlaminak.skyblog.com