In hoc signo vinces

Dédié à Marco qui veut des signes.

Florintxa descend la dune et s’avance sur la plage. « Laisse-moi un peu de temps » a dit Melko. Florintxa suit la trace nette des bottes aux talons enfoncés.

Le premier signe est écrit sur le sable, un mot simple comme un appel, une interrogation. Florintxa s’arrête, regarde le mot, le sable, l’océan, le soleil qui perce et tranche les nuages noirs. Bras tendus et respiration.

Puis c’est un labyrinthe, des petits chemins larges de deux pas, avec du bois flotté marquant les culs de sacs. Florintxa s’engage, tourne un peu, recule, trouve la sortie. Elle écrit « J’ai réussi». Mains derrière la tête et respiration.

Les traces la conduisent vers deux petits bonshommes qui se donnent la main, silhouettes de bois flotté et bambou brisé posées à plat sur le sable. Florintxa dessine des bottes à l’un et une robe, une queue de cheval à l’autre. Jambes pliées et respiration.

Le signe suivant est un mot, fondamental et affirmatif. Florintxa s’en remplit complètement et déborde même jusqu’à s’approprier l’immensité de la plage vide en cette fin d’hiver.

Les traces traversent un échouage de bois un peu plus dense. Florintxa aperçoit Melko, là-bas, qui écrit sur le sable avec son pied. Florintxa trouve le début et commence à lire, pas à pas.

« J’ai cassé le talon de ma botte » dit Melko, penaud.

« L’océan va tout effacer » souffle Florintxa.
« C’est mieux, cela oblige à réécrire, tous les jours ».

1 commentaire:

Pete a dit…

Fluctuat nec mergitur. Merci Prax!