Auvent

800 kilomètres à quatre dans une voiture trop petite avec des planches de surf sur le toit, des radars fixes et mobiles qui cueillent les points, le pont d’Aquitaine et la rocade de Bordeaux au-delà du rouge et la pluie, la pluie qui noie l’interminable N10 et les pins des Landes, la pluie qui ne s’arrête pas à l’arrivée au camping. Le pays basque est vert. Peyo et ses copains savent désormais pourquoi. Des kilos de fatigue sur les paupières. On sort quand même, c’est les vacances. On va voir les vagues, on est là pour ça. Il pleut vraiment beaucoup. On se planque dans le premier bar piège à touristes avec sangria, tapas et musique espagnole trop forte. Peyo laisse son monde et s’en va.
Les allées du camping sont désertes, vides. Ah si ! Il y a quelqu’un sous l’auvent des barbecues, quelqu’un qui fume. Peyo se sent une sympathie de naufragé pour cette silhouette. Fumer en silence à coté d’un inconnu en regardant la pluie tomber, c’est peut être une bonne idée pour se calmer du voyage, de la journée. Peyo s’approche, s’abrite, risque un sourire silencieux vers le fumeur. C’est une fille en fait, sous un sweet à capuche. La première moitié de cigarette est silencieuse. Puis un mot, c’est elle. Un rire, c’est lui. A la fin du paquet, Peyo avoue qu’il ne fume pas autant d’habitude. C’est à ce moment là que Mireia tend la main, lentement, dans sa direction.

10 commentaires:

Prax a dit…

Et au même moment un rayon de soleil sur la Rhune (si, si, c'est possible)

berthoise a dit…

Est-il vrai que l'on puisse faire des rencontres ainsi, comme ça, au fond d'un camping, sous la pluie ?
Je vois les barbecues et l'avancée du toit qui les protègent, j'entends les gouttes d'eau qui clochent sur le ciment devant, je sens l'odeur de leurs clopeaux.
Oui, c'est possible.
(Merci pour la visite)

berthoise a dit…

Protège bien sûr.

Martin-Lothar a dit…

Bon après tant de poésie, soyons vulgaire : Peyo se fera enfin schroumpher une pipe ?
Oui, oui, OK, je sors !

Prax a dit…

berthoise : ce n'est possible qu'en euskadi

martin : pipe, cigare, Peyo a de la chance d'être tombé sur une fumeuse.

la Mère Castor a dit…

Je viens, je lis, j'aime, beaucoup, et puis après je ne sais pas quoi dire. les gens qui écrivent bien m'intimident. Je devais le dire. A bientôt.

Prax a dit…

mère castor : je rougis.

txita a dit…

la fumée et le rituel d'avant (les gestes, le regard, ...) créent une complicité parfois sensuelle. Voila pourquoi j'ai tant de mal à arrêter...

Prax a dit…

txita : je pense que tout peut être sensuel (avec un peu de bonne volonté)

slowalie a dit…

vite, vite une suite...