Basajaun

Le basajaun, est assis sous un chêne, immense, nu et poilu, au bord du sentier qui traverse la forêt. Il réclame son dû comme à chaque fois qu’elles se rendent à la foire. « Nourrissez moi euskaldunak ou je prends vos enfants » La plus âgée ne se formalise plus. Elle s’approche du chêne « Agur basajaun, voici du pain pour toi », elle dépose un demi-pain près du seigneur sauvage et murmure en lui caressant discrètement l’entrejambe « le reste du pain t’attend ce soir ». Ensuite une autre dépose un demi-lapin, la suivante un demi-poulet, une autre une bouteille de cidre à moitié remplie. La plus jeune est plus hésitante, c’est sa première foire depuis son mariage tout neuf, elle n’a jamais suivi ce chemin. Elle s’approche sur l’insistance des plus anciennes « Agur basajaun, voici de la confiture de cerises », elle dépose un pot entier et se relève. Le basajaun la regarde, surpris et marmonne «Tu me donnes tout ? » puis il grogne et elle rejoint ses compagnes.

Elles arrivent à la foire où les hommes sont depuis le matin et dont ils ne rentreront que tard ou très tard ou plus surement pas du tout, les brebis vendues tôt le matin s’arrosant toute la journée et toute la nuit.

Elles achètent, causent, mangent, font un dernier tour, reprennent ensemble le chemin puis se séparent, chacune regagnant son etxe avant la nuit.


Le basajaun arrive au premier etxe

« Je viens chercher le poulet que tu m’as promis »

« Tu l’auras si tu te fais long et fin »

Le basajaun prend son attribut à deux mains, le modèle parfaitement, entreprend, comble et disparait avec son demi-poulet.


Le basajaun arrive au deuxième etxe

« Je viens chercher le lapin que tu m’as promis »

« Tu l’auras si tu te fais double »

Le basajaun prend son attribut à deux mains, le dédouble, fait luire et reluire, comble et disparait avec son demi-lapin.


Le basajaun arrive au troisième etxe

« Je viens chercher le cidre que tu m’as promis »

« Tu l’auras si tu te fais basajaun »

« Es-tu certaine ? »

« Oui, pleinement »

Le basajaun laisse son attribut se tendre naturellement, laboure, fait râler, comble et disparait avec sa demi-bouteille.


Le basajaun arrive au quatrième etxe

« Je viens chercher le pain que tu m’as promis »

« Tu l’auras si tu te fais gros et court »

Le basajaun prend son attribut à deux mains, le modèle parfaitement, astique, fait chanter, comble et disparait avec son demi-pain.


« Je peux modeler moi même ? » demande la plus jeune dans le dernier etxe.

6 commentaires:

Prax a dit…

C'est peut être un peu long pour un format blog ces mythes et merveilles.

Nathalie a dit…

Ah non! Ce n'est jamais trop long! Je ne parle pas de dimension, c'est un sujet éculé et sans intérêt. Je parle de plaisir et là, rien à redire. Si ce n'est encore :-)

Prax a dit…

bises

cat a dit…

modeler oui !! à sa dimension, à sa satisfaction ... muummmm quel bonheur !
:-)
bises
cat

Prax a dit…

Je me doutais un peu que cela plairait cette attention plastique

Gino Gordon a dit…

Rien que du bonheur, cette délicate attention des femmes pour le basajaun, qui le leur rend bien.