Laitière
Pas de problème, je serai tendre
J’ai des enfants et pas les moyens de me payer une baby-sitter, il faudra qu’on se voit chez moi
Pas de problème, ton lit est plus grand que le mien.
Avec les enfants endormis à coté, il ne faudra pas faire trop de bruit.
Pas de problème, on va tester toutes les positions dans lesquelles nos lèvres sont trop occupées pour gémir.
C’est bientôt l’heure où je les lève, je n’ai pas envie qu’ils te voient … pour l’instant, ajoute précipitamment Hartz.
Pas de problème, sourit intérieurement Olartia en retraversant à pied le pont St Esprit à l’heure du laitier, j’ai juste caché ma petite culotte sous ton matelas, c’est un sort de sorgin bien trop puissant pour qu’un homme, même rompu, fauché et père, puisse y résister.
Premiers martinets
« Est-ce que je peux faire pipi sous la douche la première fois que je partage la salle de bains avec ce garçon ? » s’interroge Elaia.
Conjonction toujours - parenthèse Berthoise
Juste un remerciement pour une lisière dédiée.
En lisière de l’avenue Benjamin Gomez, le scintillement derrière la brume laisse deviner l’Adour. Seul le bruit de leurs frottements sur les pontons permet d'imaginer les bateaux amarrés. Edurne se prend à tendre l’oreille pour guetter le teuf teuf d’un petit moteur vers le milieu du fleuve. Y aura-t-il un pilote courageux pour passer les arches du pont de fer dans la brume ?
En lisière des dentelles sages et couvrantes, la douceur de soie de la peau se devine rosissante et le léger dessin du sillon se charge de capturer un peu plus le regard de Neketi qui passait sans intention de voir. L’appât est en place sous son apparente inoffensivité fonctionnelle. Y aura-t-il un coquin assez subtil pour y glisser la main et faire pointer le téton ?
Conjonction toujours - parenthèse Mae
Juste un muxu d'anniversaire pour arreba Mae
Elle se sait très appétissante ce soir, désirable comme une pâtisserie d’anniversaire. Elle entre au Sankara. Dans ce bar, à cette heure de la soirée, il y a bien 25 bougies pour le gâteau.
Comment ils s’allument les 2 bougies à gauche du comptoir ? Un peu timides, le nez dans leurs bocs ? Bai, alors une ondulation de la croupe simplement, juste pour faire frissonner la jupette. Tiens, une étincelle dans leurs regards ! Parfait !
La bougie appuyée contre le poteau, le beau blond un peu distant ? Une banderille noire en plein dans ses yeux ? Bai, un regard soutenu, direct. Il va bruler toute la soirée le grand blond.
Le groupe bruyant de bougies au milieu de la pièce ? Ça c’est plus facile, juste rentrer dans la conversation, poser la voix, gagner sur le tumulte, les faire rire, franchement.
La petite bougie triste devant son coca ? Un sourire de tout l’émail des dents et il se consume.
La bougie en grande conversation avec une femme qui pourrait être sa mère ? Un salut et un frôlement juste assez ambigu sur l’avant bras, ça va suffire.
Là, ça va être plus difficile, un vrai challenge : une bougie bavarde. Un doigt discret qui fait sauter un bouton du décolleté ? Bai, ça y est, le discours du bavard s’emmêle dans la lisière de dentelle.
Et la bougie magique, celle qui se place au sommet du gâteau ? Elle se cache où ?
Il est dehors, il n’est pas rentré dans le bar, il regarde la Nive couler vers l’océan. Il l’attend, patiemment, certain de lancer ses étincelles toute la nuit.
Conjonction toujours - parenthèse strip-tease
Juste un remerciement pour deux strip-teases dédiés.
" Oh, mais tu as filé tes collants entre midi et deux " constate la collègue à l'oeil perçant tandis que l'assistante RH regagne son bureau.
" Bai, mais j'ai joui deux fois ".
Fin de conjonction
Donc, les petites histoires s'arrêtent pour de bon.
Les commentaires sont fermés et c'est dommage car ce blog a beaucoup existé à travers eux.
Il reste le courriel (en bas à gauche).
Tout ce qui a un nom existe.
Conjonction
L'absence d'une telle conjonction dans la vraie vie a -finalement- un retentissement sur la production de petites histoires qui, certes, sont fictionnelles mais néanmoins enracinées.
Donc, une pause s'impose, le temps de remettre un peu de cohérence dans tout cela (durée ? qui sait ?).
Muxu.
Vélo
Au bout de la rue, à contre sens, apparaissent Iban et Maia roulant doucement côte à côte.
« C’est sûr qu’il y avait urgence » « c’est sûr » « on est des amis, on doit comprendre » « d’ailleurs on comprend » « on y va doucement au resto » « bai pas trop vite, peut être qu’il va réussir à la convaincre ».
807 bis bis
Voici une nouvelle contribution (un peu sage) judicieusement relue par Frank Garrot lui même.
L’amour me rendait beau. Après son départ, je me devais de réagir rapidement afin de me conformer au cliché social du cocu : je me suis rasé la tête.
Me rendre laid est quand même ce que je fais de pire le plus vite.
Sur le tronc, l’oiseau
807 fois son pic
Soupir de l’homme
Dans son message de rupture, elle faisait mention, entre autres, mon extrême pilarité. Ah, ah, ah, la volupté de cette revanche lexicale ! Je sortais de cette histoire le torse hirsute et bombé.
Mimosa arc en ciel
« Bai, je suis en train de plier mes affaires, j’allais partir. »
« Alors tu accélères le mouvement, tu ne passes pas par la maison, tu me retrouves au bord de l’Adour, au bout de mon circuit de footing ».
La pluie a lavé le ciel, l’air est clair, l’arc en ciel au-dessus du fleuve immense et les mimosas explosent leur jaune.
« Tu crois qu’il y a au monde un meilleur endroit pour t’embrasser ? »

I Feel Pretty
Erlantz est un garçon classique : en matière de romantisme, au-delà de Shakespeare et de Roméo et Juliette, il n’y a rien. Alors West Side Story, c’est un bon compromis entre la modernité et le classicisme.
Erlantz est un garçon pratique : un cadeau qui plait, ça peut s’offrir plusieurs fois.
Maialen est amoureuse d’Erlantz. Il lui offre un disque, West Side Story. Maialen chantonne « I feel pretty » comme Erlantz joue délicatement de la langue sur son petit portier.
Nahia est amoureuse d’Erlantz. Il lui offre un disque, West Side Story. Nahia chantonne « I feel pretty » tandis qu’elle chevauche Erlantz rageusement.
Maialen et Nahia ne sont plus amoureuses d’Erlantz qui, lui, sourit toujours lorsque « I feel pretty » lance ses notes fleur bleue.
Oignon
Juste après le coucher de soleil, la nuit les surprend devant l’océan. C’est très ancestral de se serrer un peu plus dans ces premiers instants d’obscurité. C’est très doux de sentir le cœur de l’autre qui bat. Enlacés. Les bras autour des reins sous les manteaux. La main de Periko remonte, découvre la peau douce et chaude au bas du dos. Il caresse un instant, amorce le geste de rajuster les couches mais le murmure d’Elaia interrompt son repli : « tu peux ».
Rafraichir (la nuque)
Fermin frémit aussi lorsque la paume de Gaxuxa, dans le même geste de balayage, s’aventure sur ses petits tétons d’homme.
« Tu as froid ? » interroge Gaxuxa.
La première réponse venant à Fermin tandis qu’assis dans la cuisine torse nu, il offre ses cheveux aux ciseaux et à la tondeuse à Gaxuxa est :
« Je n’ai pas chaud, ne fignole pas trop ».
Mais, bien cachée sous les cinquante ans de mariage dont dix de chambres à part -il ronfle fort dit-elle-, Fermin sent poindre une explication un peu différente au frisson que lui procure la main de Gaxuxa.
Il faut pleurer les amours inabouties
Le carnaval et le procès de San Pantzar, il ne faut pas les rater. Patxi arrive juste au dernier moment à l’appartement pour filer avec Terexa vers le défilé. La table basse du salon est un peu encombrée.
« Tiens, tu as sorti tes affaires de couture ? Ça faisait longtemps » constate Patxi.
« Bai, longtemps. »
« Et tu fais quoi ? Un doudou en tissu ? Il y a une naissance ? C’est pour qui ? »
« Ce n’est pas un doudou, c’est …, c’est pour moi. Allez viens, on y va, on va être en retard » dit Terexa en glissant le bonhomme en tissu dans la poche de son manteau.
Défilé, danses, procès et on brule San Pantzar.
« Je crois que j’ai un chagrin en retard, tiens moi la main » murmure Terexa en regardant bruler San Pantzar.
Patxi prend la main et ne dit rien. Il n’a pas besoin de tout comprendre. Il n’a pas besoin de savoir que Terexa a donné un nom à son bonhomme en tissu et qu’elle l’a glissé dans la poche de San Pantzar qui brule là au milieu de la place.

Plus tard, sous la couette.
« J’ai un souvenir qui m’est remonté de nulle part avec une telle violence que j’aurais pu le croire tout frais. Mais il était tout vieux, une vieille histoire que j’aurais voulue d’amour. Et vu comme cela m’a fait mal si longtemps après, c’en était une finalement. Mais pour moi seule. J’aurais du me l’avouer à l’époque et être triste. Il faut pleurer les amours inabouties. C’est un peu plus facile quand tu me tiens la main. Et que San Pantzar se charge de tout ».
En février, cette créature grotesque est jugée sur la place publique, accusée de tous les malheurs, problèmes rencontrés par le village durant l'année. A la fin du procès, il est brûlé sous les acclamations, danses.